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Journée mondiale des réfugiés : « Tant que chacun ne sera pas en sécurité, notre mission ne sera pas achevée » (Ibrahima Kalil Condé)

20 juin 2026

La Guinée a célébré, ce samedi 20 juin, la Journée mondiale des réfugiés (JMR). La cérémonie, présidée par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, s’est déroulée en présence des ministres Aminata Kaba, Fatima Camara et Félix Lamah, ainsi que des représentants du ministère de la Défense, du Système des Nations unies en Guinée, de l’Union des grands religieux islamiques maliens en Guinée et de nombreux réfugiés.

Initiée par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), à travers la Commission Nationale pour l’Intégration et le Suivi des Réfugiés et en collaboration avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), cette commémoration est placée cette année sous le thème universel : « Jusqu’à ce que chacun soit en sécurité ». Une occasion solennelle pour les autorités, les partenaires internationaux et les représentants des réfugiés de réaffirmer leur engagement en faveur de la protection et de la dignité des personnes déplacées.

Dans son intervention, Michel M’Bidi Thassinda, porte-parole des réfugiés en Guinée, a rappelé la portée humaine de cette journée et de son thème.

« Cette journée spéciale nous rappelle notre devoir collectif d’humanité, de solidarité et de protection envers des millions de personnes contraintes de fuir leur pays à cause des conflits, des persécutions et des catastrophes. Le thème de cette année, [jusqu’à ce que chacun soit en sécurité], nous interpelle tous et nous rappelle que la paix et la sécurité, la dignité humaine doivent être garanties à chaque être humain, sans distinction de nationalité, de race, de religion ou d’origine », a-t-il déclaré.

Il a salué la Guinée comme « une terre d’hospitalité et de fraternité africaine », exprimant sa reconnaissance aux autorités et aux populations pour leur accueil depuis les années 1990.

Tout en rendant hommage au Président de la République pour son engagement en faveur de la paix et des valeurs humanitaires, il a souligné les défis persistants auxquels font face les réfugiés : « Malgré les efforts considérables fournis par le gouvernement guinéen et les partenaires humanitaires, de nombreux réfugiés vivant en Guinée continuent de faire face à d’importantes difficultés, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement et de l’emploi, de la documentation administrative et de l’intégration sociale ».

Dans un plaidoyer appuyé, il a appelé le gouvernement guinéen pour : « Le renforcement de la protection juridique et sociale des réfugiés, l’amélioration de l’accès à l’éducation pour les enfants réfugiés, le soutien à l’autonomisation économique des réfugiés et des communautés hôtes, le renforcement des services de santé et d’assistance humanitaire, la protection de la cohésion pacifique et de l’intégration sociale, l’appui au programme de réinstallation et du retour volontaire dans la dignité et la sécurité. Nous encourageons également la communauté internationale et les partenaires techniques et financiers à soutenir davantage les efforts de la République de Guinée dans la gestion humanitaire et la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile. Mesdames et Messieurs, Auguste Assemblée, la protection des réfugiés est une responsabilité collective. Ensemble, nous devons construire un monde où personne ne sera contraint de fuir son foyer, un moment où chaque homme, chaque femme et chaque enfant pourra vivre dans la paix, la sécurité et la dignité. En cette Journée mondiale des réfugiés 2026, renouvelons notre engagement à défendre les droits des réfugiés et à promouvoir les valeurs d’humanité, de solidarité et de fraternité ».

Prenant la parole au nom du système des Nations Unies, Maddalena Bertolotti, représentante de l’UNICEF, a mis en avant la dimension universelle de la crise des déplacements forcés.

« Les frontières séparent les territoires, mais elles ne devraient jamais séparer notre humanité », a-t-elle affirmé, soulignant que des millions d’enfants réfugiés aspirent simplement à aller à l’école et à vivre en sécurité.

Elle a par ailleurs salué l’accueil que la Guinée a réservé aux personnes déplacées dans les années 90 : « La Guinée possède une tradition dont elle peut être très fière, celle de l’accueil et de la solidarité. Cette tradition s’est particulièrement illustrée dans les années 90 et en 1999, la Guinée accueillait plus de 500 000 réfugiés, faisant d’elle l’un des pays principaux d’accueil du continent africain à cette époque. Les autorités guinéennes, les collectivités locales et les communautés d’accueil ont alors démontré une générosité exceptionnelle. Cette solidarité demeure un héritage précieux et témoigne de la valeur et de la fraternité, du partage et du respect de la dignité humaine qui caractérisent le peuple guinéen », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’une coopération régionale et internationale face à un phénomène qui touche des pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.

De son côté, Koïkoï Béavogui, Secrétaire exécutif de la Commission nationale pour l’intégration et le suivi des réfugiés, a dressé un état des lieux des personnes déplacées dans le pays.

« Aujourd’hui, nous avons 3 035 réfugiés qui vivent en Guinée, dont 500 en Guinée forestière. Et ensuite, nous avons autour de 3 023 déplacés de force qui viennent des pays du Sahel. Eh bien, les 3 035 réfugiés viennent de 22 pays. Et je vous avoue que parmi eux, il y a même des Afghans. C’est pour vous dire qu’il existe bel et bien des réfugiés dans ce pays », a-t-il indiqué. Il a toutefois reconnu les insuffisances administratives, notamment l’accès limité à certains services financiers, appelant à l’adoption rapide de textes juridiques pour corriger ces inégalités.

Clôturant les interventions, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, a réaffirmé l’engagement de l’État guinéen à œuvrer pour la protection, la sécurité et la dignité des réfugiés.

« Dans un monde interdépendant, la sécurité et la dignité humaines sont indivisibles. Aucun peuple ne peut prétendre être pleinement en sécurité lorsque d’autres vivent encore dansla peur, à l’exil ou en précarité », a-t-il déclaré.

Le ministre a mis en avant les efforts du gouvernement pour l’intégration des réfugiés dans les programmes de développement du pays : « Ces engagements concernent notamment la délivrance de documents biométriques sécurisés aux réfugiés, l’amélioration de leur accès aux services sociaux de base, leur inclusion dans les programmes locaux de développement, le renforcement du cadre juridique et institutionnel de l’asile, ainsi que la promotion de leur autonomisation économique et sociale ».













Le ministre a également inscrit cette politique dans la vision nationale du Programme Simandou 2040, soulignant que la ressource la plus précieuse d’une nation, ce sont ses femmes et ses hommes.

« Tant que chacun ne sera pas en sécurité, notre mission ne sera pas achevée », a conclu Ibrahima Kalil Condé, résumant l’esprit de cette journée empreinte de solidarité et d’espoir.

Sadjo Bah

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Last modified: 20 juin 2026

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