
Le procès de l’ancien président de la délégation spéciale de la commune de Diécké, préfecture de Yomou, s’est ouvert ce mardi 16 juin 2026 devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Cé Pélé Gamy, ainsi que trois de ses ex-collaborateurs, à savoir Niang Issac Niamys, secrétaire général de la commune, Cécé Haba, receveur communal de Djécké d’avril 2022 à décembre 2024, et Soua Doré, également receveur communal de ladite commune, sont poursuivis pour des faits présumés de « détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité ».
Des accusations rejetées par tous les prévenus à la barre. Cé Pélé Gamy dénonce des manœuvres politiques visant à l’écarter de la gestion de la mairie de Djécké en qualité de maire.
« Tous ceux qui sont avec moi aujourd’hui ici devant vous sont là à cause de moi. C’est pour des raisons purement politiques que nous sommes devant vous. Tout ce que nous sommes en train de subir est lié purement et simplement à la politique. J’ai démissionné de ma fonction de président de la délégation spéciale de Djécké suivant les instructions qui nous ont été données. À la demande de la population, je me suis présenté candidat aux élections communales du 31 mai 2026 au compte de la GMD pour la mairie de Djécké. L’administration locale ayant son propre candidat n’a pas aimé. Il a été demandé à la population de Djécké de choisir son candidat et la population m’a choisi. Nous sommes allés aux élections, j’ai gagné en obtenant 11 conseillers, les autres ont eu 4 chacun », a déclaré le prévenu.
Interrogé sur sa gestion financière de la commune, Cé Pélé Gamy a d’abord précisé qu’en sa qualité de membre du conseil communal, il ne perçoit pas de salaire. Au contraire, dit-il, il reçoit une prime de 300 000 francs guinéens par session, soit 1 200 000 francs guinéens.
« Quand on est arrivé, on a trouvé 289 millions 126 mille francs guinéens. On a laissé 385 millions 582 mille francs guinéens », a-t-il souligné avant de préciser qu’il n’est pas mêlé à la manipulation des fonds. Au contraire, il reconnaît être ordonnateur du budget de la commune tout en expliquant :
« En termes de recettes, on avait des recettes fiscales et non fiscales. Au cours des années 2024 et 2025, on a eu deux fonds : 344 millions 864 mille 876 francs guinéens pour la réalisation de deux dalles de franchissement octroyées par l’ANAFIC. Il y a eu une dépense de 10 millions et quelques mille francs guinéens au compte de la mairie pour l’achat d’une moto pour le maire. Dix-sept millions de francs représentaient les frais de réalisation de la clôture de la mairie, payés à l’entreprise qui a obtenu le projet. Il y a 49 millions de francs guinéens dépensés pour la construction et la rénovation de la maison des jeunes. Le devis prévisionnel est de plus de 70 millions. Parlant de mes biens, je déclare que j’ai une construction que j’ai obtenue en 2021 et une plantation d’hévéa. À la mairie, c’est du bénévolat. Malgré les avantages et les primes que je perçois en tant que président de la délégation spéciale, les frais d’études de mes enfants sont tirés des revenus issus de la plantation d’hévéa », a déclaré l’ancien président de la délégation spéciale de Djécké.
Lébêré Baldé
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Last modified: 16 juin 2026





