
Réunis ce jeudi au Palais du Peuple à l’occasion du symposium organisé en mémoire de Souleymane Diallo, journalistes, acteurs des médias et personnalités publiques ont célébré l’héritage du fondateur du Groupe de presse Le Lynx-La Lance.
Parmi les interventions les plus marquantes, celle d’Amadou Diallo, ancien correspondant de la BBC en Guinée, a permis de retracer le parcours exceptionnel du doyen de la presse privée guinéenne.
Retour sur cinq extraits qui résument sa vie et son combat.

Dès l’entame de son intervention, Amadou Diallo a donné le ton. Pour lui, l’œuvre de Souleymane Diallo dépasse largement les contours d’une simple carrière journalistique.
« Même un livre entier montrerait ses limites lorsqu’il s’agit de parler de cet homme. »
Cette phrase résume l’ampleur de l’héritage laissé par celui qui a consacré sa vie à informer, former et défendre la liberté d’expression.
« Le premier journal satirique de Guinée »
Le témoignage a également rappelé le rôle historique joué par Souleymane Diallo dans la construction de la presse privée guinéenne.
Après son retour d’exil, il lance Le Lynx le 7 février 1992, profitant de l’ouverture démocratique engagée au début des années 1990.
« Diallo Souleymane s’engouffre dans la brèche ouverte par le régime du général Lansana Conté et publie le premier numéro du satirique Le Lynx. »
Le journal deviendra rapidement une référence nationale grâce à son ton irrévérencieux et son indépendance éditoriale.
« La liberté de la presse consiste à pouvoir dire non »
Pour Amadou Diallo, l’un des traits les plus marquants du disparu reste son attachement viscéral à l’indépendance.
L’ancien patron du Lynx refusait toute compromission, qu’elle soit politique ou financière.
« Chez nous, au Lynx, la liberté de la presse ne consiste pas à critiquer le gouvernement le lundi pour le soutenir le mardi. Elle consiste à pouvoir dire non à quiconque et à tout moment. »
Cette philosophie a guidé toute son action professionnelle et explique le respect dont il jouissait au sein de la profession.
« Une silhouette mince, mais inflexible »
L’image utilisée par Amadou Diallo pour décrire son aîné a particulièrement retenu l’attention de l’assistance.
« Si je devais caricaturer le doyen Diallo Souleymane, je dessinerais simplement une silhouette certes mince, mais inflexible. »
Inflexible dans ses convictions, dans son rapport à l’éthique et dans sa défense de la liberté de la presse. Une fermeté qui lui a valu des séjours en prison, sans jamais le détourner de son combat.
« Cette loi aurait pu s’appeler Loi Diallo Souleymane »
L’autre facette souvent méconnue de son engagement concerne son action dans le domaine législatif.
En tant que membre du Conseil national de la transition entre 2010 et 2013, il a joué un rôle central dans l’adoption de la loi dépénalisant les délits de presse en Guinée.
Amadou Diallo a rappelé à ce sujet le témoignage de Dr Dansa Kourouma :
« Cette loi aurait pu s’appeler Loi Diallo Souleymane tant ce dernier s’était battu pour son adoption. »
Un héritage juridique majeur qui continue aujourd’hui de protéger les professionnels des médias.
Un héritage qui survivra aux générations
Au-delà du journaliste, du patron de presse et du militant de la liberté d’expression, le symposium du Palais du Peuple a rendu hommage à un homme de convictions dont l’influence dépasse les frontières de la Guinée.
À travers les témoignages, une certitude s’est dégagée : Souleymane Diallo laisse derrière lui bien plus qu’un groupe de presse. Il lègue une vision du journalisme fondée sur le courage, l’indépendance et le service de l’intérêt public.
Comme l’a rappelé Amadou Diallo devant une salle émue, l’homme s’en est allé, mais son œuvre demeure.
Ibrahima Sory Diallo pour Guinee7.com
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Last modified: 11 juin 2026





