
L’accès au financement des marchés demeure un enjeu central pour les petites et moyennes entreprises (PME) en Guinée. Lors de la 5ᵉ édition du Salon des Entrepreneurs de Guinée (SADEN) qui se tient actuellement à Conakry, Aïssatou Barry Bah, la Directrice générale de l’Agence autonome d’assistance intégrée aux entreprises (3AE), a mis en lumière les défis liés à la structuration des entreprises et leur capacité à accéder aux financements.
Intervenant au panel consacré au « financement des marchés », la responsable des 3AE, structure relevant du Ministère de l’Industrie et du Commerce, a rappelé le rôle fondamental de son institution dans l’accompagnement des PME.
« Nous accompagnons les PME à se structurer et aussi à monter des dossiers de financement », a-t-elle expliqué, soulignant que la capacité à présenter un dossier crédible est aujourd’hui déterminante pour obtenir un financement.
Selon elle, l’enjeu ne se limite plus à décrocher une opportunité économique, mais surtout à être prêt à la transformer en projet bancable : « Le nerf de la guerre aujourd’hui, ce n’est pas seulement d’avoir l’opportunité, mais c’est aussi être prêt à pouvoir déposer un dossier de qualité crédit pour qu’on puisse décaisser les fonds derrière. Nous accompagnons les PME pour qu’elles puissent avoir un business plan, des prévisions financières, qu’elles puissent présenter le projet et l’opportunité qu’elles afin que les établissements financiers puissent jouer le jeu du financement », a-t-elle insisté.
La Directrice générale des 3AE a dressé un constat préoccupant sur le niveau de structuration des entreprises guinéennes. Elle s’appuie notamment sur une étude de la Société financière internationale (SFI) : « Près de 98 % des entreprises n’ont pas un compte en banque », a-t-elle indiqué.
Pour Mme Barry, cette réalité constitue un frein majeur à l’accès au financement, les banques exigent des garanties de transparence et de traçabilité financière. Elle a ainsi insisté sur l’importance des comptes bancaires, des flux financiers réguliers et des états financiers certifiés.
« C’est important d’avoir un compte en banque pour justifier des flux financiers, pour justifier des entrées et des sorties, d’utiliser des moyens de financement digitaux, d’avoir des comptes, des bilans certifiés pour pouvoir convaincre le banquier derrière », a-t-elle expliqué, ajoutant que les établissements financiers évaluent avant tout le comportement bancaire des entreprises.
Au-delà de l’aspect financier, la Directrice générale a rappelé l’importance de la mise en conformité administrative des entreprises. Elle a cité notamment le Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) et le Numéro d’identification fiscale (NIF) comme éléments essentiels.
« Il faut que le chef d’entreprise soit administrativement à jour, c’est-à-dire avoir un RCCM, un NIF, on ne le répétera pas assez, et savoir défendre son projet, comprendre son business plan, comprendre son business tout court et avoir des projections au-delà de 2, 3, 4, 5 ans », a-t-elle souligné.
Abordant les dispositifs existants, la Directrice générale a estimé que les mécanismes actuels restent perfectibles, notamment pour les entreprises en phase de démarrage.
« Il y a un travail à faire sur l’accompagnement, sur l’idéation et sur l’amorçage. Aujourd’hui, on n’a pas de financement qui accompagne une PME qui vient tout juste de se lancer », a-t-elle regretté, précisant que les structures doivent généralement justifier de plusieurs années d’activité et de bilans financiers.
Aïssatou Barry Bah a toutefois mis en avant les efforts du Ministère de l’Industrie et du Commerce à travers le Fonds de Développement Industriel (FODIP), un mécanisme destiné à faciliter l’accès au crédit.
Ce dispositif permet de réduire significativement les taux d’intérêt pratiqués par les banques : « Aujourd’hui, on sait que les taux sont à 20, 22 %. Au niveau du FODIP, les taux sont redescendus jusqu’à 9, voire 10 %, ce qui est déjà pas mal pour commencer. Et je pense qu’il y a quand même pas mal de travail à faire, à compléter. Donc, la direction essaie de moderniser et d’apporter des solutions supplémentaires, afin qu’on puisse toucher un plus grand nombre d’entreprises », a-t-elle affirmé.
À travers cette intervention, l’Agence Autonome d’Assistance intégrée aux Entreprises réaffirme son rôle central dans la structuration du tissu entrepreneurial guinéen et dans la promotion d’un accès plus efficace et inclusif au financement des marchés.
Sadjo Bah
L’article SADEN 2026 : la Directrice générale des 3AE insiste sur la structuration des PME pour faciliter l’accès au financement des marchés est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
Last modified: 5 juin 2026





