
L’affaire impliquant Soriba Soumah, directeur général du Centre national de formation sociale appliquée (CNFSA) de Jean Paul II, l’entrepreneur Ismaël Traoré et le comptable Mohamed Sangaré, en fuite, a été examinée ce lundi 4 mai par la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Les trois hommes sont poursuivis pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.
Des accusations fermement contestées par le directeur
À la barre, le directeur général Soriba Soumah a été interrogé sur les fonds dont il est accusé d’avoir participé à la gestion frauduleuse. Il a, une nouvelle fois, mis en cause le comptable de l’institution, actuellement en fuite, qu’il accuse de manipulation et de tromperie.
Répondant à une question de l’avocat de l’État, il a déclaré : « l’agent comptable ne peut pas sortir de l’argent sans moi et je ne peux pas sortir l’argent sans lui ».
Il a également soutenu que le comptable aurait profité de sa confiance pour effectuer des retraits importants pendant qu’il était en déplacement : « il vient du Trésor. Les agents comptables viennent du Trésor. Ils se connaissent là-bas. Il a imité la signature du DG… ».
Le prévenu a rejeté toute implication dans un quelconque détournement, affirmant son innocence : « je suis un honnête homme. Je ne peux pas rabaisser mon honneur ».
Concernant un contrat portant sur la fourniture d’équipements, il a demandé une expertise des signatures : « les signatures sont là. Vous pouvez ordonner une expertise afin de savoir que ma signature a été falsifiée ».
Il a insisté sur le fait qu’il n’a perçu aucun fonds issu des 30% du contrat avancé au fournisseur : « sur mon honneur et sur ma vie, je n’ai pris aucun franc ».
Le fournisseur confirme la réception des fonds
Appelé à la barre, l’entrepreneur Ismaël Traoré a confirmé avoir remporté un appel d’offres en 2025, rejetant toute accusation de gré à gré.
Il a reconnu avoir reçu un acompte de 30% sur un contrat estimé à plus de 11 milliards de francs guinéens, précisant que cela correspondait à plus de 3 milliards GNF : « j’ai bel et bien reçu l’avance de 30%. Automatiquement j’ai lancé la commande », a-t-il expliqué, tout en évoquant des contraintes techniques et des délais de fabrication du matériel.
Concernant ses revenus, il a indiqué que son activité n’est pas stable : « on peut faire entre 800 millions et 1 milliard selon les saisons ».
Il a aussi admis un dépassement du délai de livraison, tout en niant toute corruption ou avantage indû : « je n’ai corrompu personne ».
Demandes de mise en liberté rejetées
Le parquet a sollicité l’audition de nouveaux témoins et s’est opposé à la demande de mise en liberté provisoire formulée par les avocats de la défense, estimant qu’elle pourrait influencer les témoignages à venir.
Il a proposé une caution de 3 milliards de francs guinéens pour chacun des prévenus en cas de libération.
L’avocat de l’État a globalement rejoint cette position.
La cour a finalement rejeté les demandes de mise en liberté et a renvoyé l’affaire au 20 mai pour la suite des débats.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 19 mai 2026





