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L’origine du mariage endogamique à Woulada : le cas spécifique de Banko (Par Baba Saidou Cissé)

13 mai 2026

Cette réflexion naît d’un constat fondé sur les critiques récurrentes formulées à l’égard des pratiques matrimoniales de Banko. Le mariage, au-delà de l’union de deux êtres, est un phénomène socioculturel inhérent à l’humanité, que chaque groupe social manifeste selon ses mœurs et coutumes.

Pour nos ancêtres, le mariage n’était pas qu’une affaire de sentiments, c’était un fardeau social assumé par l’homme et une marque de confiance absolue accordée par la belle-famille. L’adage était clair : « On n’épouse pas seulement une femme, on intègre et on honore toute une Lignée. »

L’objet de cette publication est d’éclairer l’histoire de l’endogamie à Banko, un sujet qui vaut aux jeunes du Woulada des critiques acerbes à travers le pays. Il n’est pas rare qu’une demande en mariage soit accueillie avec hésitation dès que l’origine du prétendant est de Banko Woulada à cause de l’endogamie d’où l’expression « N’Nanden N’fanden ».

Voici les raisons majeures qui expliquent cette préférence historique pour le mariage « entre soi » :

Nos grands-parents estimaient qu’il valait mieux supporter ses propres difficultés sociales ou familiales plutôt que de les imposer à des étrangers. À cette époque, le monde était moins ouvert, la rareté des épouses potentielles faisait de la recherche d’une partenaire un défi majeur.
C’était un moyen de protéger les orphelines ayant perdu leurs parents prématurément, en les gardant sous la protection du clan.
En accord avec certains préceptes interprétés de l’Islam, les familles cherchaient à s’unir à d’autres lignées intellectuelles ou fortunées pour garantir la qualité de leur descendance.
L’endogamie permettait d’éviter la dispersion des richesses et de s’assurer que la fortune reste au sein du cercle familial.
L’un des facteurs les plus marquants réside dans l’histoire d’un des douze (12) clans (kabila) de Banko. Une jeune fille de cette famille fut autrefois mariée de force dans un village voisin. Face à l’impossibilité de divorcer, elle aurait proféré une malédiction en disant ceci «Toute femme de ma famille qui se mariera à l’étranger ne connaîtra jamais la paix du cœur. »

Cette parole de désespoir est devenue un tabou social. Aujourd’hui encore, beaucoup constatent que les femmes de notre communauté mariées à l’extérieur semblent rencontrer plus d’épreuves. Pour « maîtriser » cette malédiction, les grands-parents ont donc systématiquement encouragé l’endogamie. Les raisons sont nombreuses mais voilà les quelques fondamentales déroulées citéesci-haut

Si ces pratiques ont autrefois renforcé les liens communautaires, la donne a littéralement changé. Aujourd’hui, l’ouverture sur le monde permet à chacun de choisir son partenaire en toute liberté. Pourtant, l’endogamie excessive a fini par créer des tensions internes. Paradoxalement, les divorces au sein d’une même famille provoquent des déchirures profondes où les membres d’un même clan cessent de se parler et chacun prend la défense son enfant.

Ces éléments sont le fruit de recherches menées auprès des sages de notre communauté, qui ont généreusement partagé leur savoir pour nous aider à comprendre les racines de nos coutumes.

Baba Saidou CISSÉ 

Historien Chercheur

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Last modified: 13 mai 2026

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