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Musique : un front se lève pour sauver le rap et les rappeurs

19 février 2026

Le rap guinéen traverse l’une de ses zones de turbulence les plus intenses. Depuis plusieurs semaines, le milieu ressemble à une arène où deux camps s’affrontent à coups de punchlines et de disstracks. Mais cette fois, les clashs ont dépassé le simple cadre artistique. Les mots ont débordé, les attaques se sont durcies, et l’affaire a quitté les studios pour atteindre les bureaux des autorités.

Depuis plusieurs heures, les rappeurs Opinel 12 et le groupe Sagatala seraient entre les mains des autorités locales. En cause : des injures proférées dans leurs morceaux de clash. Tandis que les autorités évoqueraient une atteinte aux mœurs, une partie du mouvement hip-hop crie au frein brutal contre un genre musical qui tente encore de se structurer et de s’émanciper dans un pays où, selon ses acteurs, l’État n’accompagne pas suffisamment la culture urbaine.

Très vite, la polémique a pris une dimension plus large. Promoteurs, beatmakers, animateurs et artistes dénoncent ce qu’ils qualifient de « deux poids deux mesures ». Pour eux, il est incohérent de sanctionner des rappeurs pour des paroles jugées obscènes alors que, dans d’autres contextes, certaines sorties artistiques ou situations publiques ne suscitent pas la même fermeté.

Dans cette vague d’indignation, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux. Badara Alou, animateur chez Mab’s Hip-hop, s’indigne : « Dja Aly, Oumé, Singleton, Djaman,  Maya la solution, Paikoun sarè, AGI Le King etc…Vous savez défendre les mœurs? Mais avec eux vous étiez aux abonnés absents pffff ».
Le beatmaker Ldjy Boy, lui, lance : « Laissez notre rap respirer…LIBEREZ LES ARTISTES ».
Quant au rappeur LeDakhoui, il avertit : « Laisser passer ça c’est accepter de n’être plus libre en pratiquant notre art, notre passion, notre métier… ».

D’autres figures de la scène urbaine comme Depotoir, Le Mélangeur, Araphan DJ, Balthazard DY ou encore Miss Kala Kala ont également partagé la photo des trois rappeurs avec la mention « Free Opinel 12 & Sagatala », ou ont publié dès videos dénonçant ce qu’ils considèrent comme un abus.

Au-delà des clashs et des egos, l’affaire pose une question plus profonde : jusqu’où peut aller la liberté d’expression artistique dans le rap guinéen ? Et la mobilisation actuelle suffira-t-elle à infléchir la décision des autorités ?

Le front est désormais ouvert. Reste à savoir si leurs voix pèseront dans la balance.

Alh Cheick pour guinée7.com

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Last modified: 19 février 2026

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