
Conakry- La contestation contre le marquage des boutiques prend une nouvelle dimension à Matoto. Alors que Mohamed Soumah était entendu par la police ce mercredi, des femmes préviennent qu’elles pourraient reprendre la mobilisation dès jeudi si leur camarade n’était pas libéré.

Le différend entre les commerçants du marché de Matoto et les responsables concernés par le marquage de leurs espaces de vente est loin d’être terminé. Ce qui était au départ une protestation contre la menace de perdre leurs boutiques s’est désormais déplacé sur le terrain judiciaire, avec l’audition de Mohamed Soumah au commissariat central de Matoto.
L’affaire remonte à lundi. Ce jour-là, des vendeurs et vendeuses avaient exprimé leur colère après avoir découvert des marques sur plusieurs boutiques et magasins. Les personnes visées disent avoir été sommées de quitter les lieux sous 72 heures, sans savoir précisément quelle autorité avait pris cette décision ni pour quels motifs.
Leurs démarches auprès des responsables du marché et de la mairie n’auraient pas permis, selon elles, d’obtenir les clarifications attendues. Face à cette incertitude, elles avaient choisi de manifester pour contester une mesure qu’elles assimilent à un déguerpissement.
Mohamed Soumah au centre du nouveau bras de fer

Trois jours après cette mobilisation, la situation a pris une autre tournure. Mohamed Soumah, qui avait participé à la contestation, a été appelé à s’expliquer devant les services de police à la suite d’une plainte liée aux événements de lundi.
Dans des propos qu’il a confié à la presse par téléphone, avant son arrivée au commissariat, il avait expliqué les circonstances de son déplacement : « ils ont porté plainte contre moi. Les gens sont venus chez moi pour me conduire au commissariat central de Matoto. C’est en rapport avec la manifestation du marché. Mais pour les détails, je n’ai aucune idée. Je dois me présenter là-bas. À l’heure où nous sommes, je suis en route pour là-bas », avait-il confié.

L’information a suscité une réaction parmi les commerçants. Plusieurs d’entre eux se sont retrouvés devant le commissariat pour prendre des nouvelles de leur camarade. Les explications fournies par les agents, selon lesquelles il était entendu sans être placé en détention, ont finalement permis de mettre fin à ce rassemblement. Les commerçants ont quitté les lieux pour regagner le marché.
Jeudi, une journée sous tension ?
Ce départ ne signifie toutefois pas que les esprits se sont apaisés. Des commerçants envisagent une nouvelle action dès les premières heures de jeudi. Ils menacent notamment de bloquer le passage si Mohamed Soumah n’est pas libéré avant la fin de la journée de mercredi.
Cette menace intervient alors que les interrogations sur le sort des boutiques marquées restent sans réponse claire pour les personnes concernées. Entre la crainte de perdre leurs espaces commerciaux et l’évolution de la situation au commissariat, le marché de Matoto reste exposé à une nouvelle journée de tensions.
Au moment de la publication, Mohamed Soumah était toujours entendu au commissariat central de Matoto. Des sources policières précisaient qu’il n’était pas en détention et qu’il n’avait pas été placé au violon.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
Last modified: 21 octobre 2026





