

Les préparatifs du départ pour la Russie se poursuivent pour les 150 bénéficiaires de bourses d’État guinéennes au titre de l’année universitaire 2026-2027. Avant leur départ, ces étudiants ont pris part, ce mercredi 21 octobre, à une rencontre organisée à l’ambassade de la Fédération de Russie en Guinée. L’occasion pour les responsables présents de leur rappeler les exigences liées à leur formation et les attentes placées en eux.
L’ambassadeur de la Fédération de Russie en Guinée, Alexey V. Popov, le directeur général du Service national des bourses extérieures (SNABE), Aboubacar Camara, ainsi que le Dr Sandy Kola Tolno, ambassadeur de l’Éducation et de la Science de la Fédération de Russie et président du Mouvement international des russophiles de Guinée, ont successivement pris la parole devant les futurs étudiants.
Pour le diplomate russe, cette nouvelle promotion représente un espoir pour l’avenir de la Guinée, qui a besoin de cadres qualifiés pour accompagner ses projets de développement.
« Très bientôt, vous allez rejoindre de grandes universités russes, à Moscou, à Saint-Pétersbourg et dans nos centres scientifiques et éducatifs régionaux », a déclaré Alexey V. Popov, soulignant l’importance de cette opportunité pour les bénéficiaires.
Il a notamment rappelé que leur départ intervient en 2026, année proclamée Année de la jeunesse par le président de la République, Mamadi Doumbouya.
Pour l’ambassadeur, les connaissances qu’ils acquerront dans les universités russes devront contribuer à renforcer les compétences nationales et à accompagner les ambitions économiques du pays.
« La Guinée a besoin d’ingénieurs, de logisticiens, d’experts de l’informatique, de gestionnaires et de chercheurs », a-t-il affirmé, en évoquant les grands projets en cours, notamment Simandou et son volet consacré à la formation, Simandou Academy.
Alexey V. Popov a également salué la collaboration entre l’ambassade de Russie et le SNABE dans la gestion des bourses. Il a indiqué que les deux structures travaillent à favoriser le retour des diplômés en Guinée et leur insertion professionnelle au terme de leurs études.
« Nous vous attendons ici, en Guinée, pour développer votre pays, notre pays ensemble », a-t-il lancé aux étudiants.
Le diplomate a enfin invité les futurs boursiers à aborder cette expérience avec curiosité, courage et fierté, tout en gardant à l’esprit leur responsabilité envers leur pays d’origine.
Le SNABE rappelle les exigences liées aux bourses
Prenant la parole à son tour, le directeur général du SNABE, Aboubacar Camara, a présenté cette initiative comme un investissement dans la formation de la jeunesse guinéenne.
Au nom de son service, il a remercié les autorités russes pour leur engagement en faveur de l’enseignement supérieur et rappelé que la coopération entre les deux pays permet à la Guinée de bénéficier chaque année d’un quota de 150 bourses d’études.
Selon lui, plusieurs générations de cadres guinéens ont été formées dans les universités russes et contribuent aujourd’hui au fonctionnement de différents secteurs, notamment l’administration, l’industrie, la santé et l’enseignement.
Le responsable a également évoqué les réformes engagées au sein du SNABE pour améliorer la gestion des bourses extérieures. Celles-ci portent notamment sur le paiement électronique des compléments de bourse, l’identification biométrique des bénéficiaires ainsi que le renforcement du suivi administratif et académique.
Ces mesures visent, a-t-il expliqué, à fiabiliser les données, à garantir la traçabilité des opérations et à s’assurer que les ressources publiques consacrées à la formation profitent effectivement aux bénéficiaires.
S’adressant directement aux 150 étudiants de la promotion 2026-2027, Aboubacar Camara les a invités à prendre leurs études au sérieux et à respecter les conditions liées à leur statut de boursier.
Il leur a notamment recommandé de maintenir un contact régulier avec le SNABE et les services diplomatiques guinéens en Russie afin de faciliter le suivi de leur parcours et la prise en charge d’éventuelles difficultés.
« Vous ne partez pas seulement pour obtenir un diplôme. Vous partez pour revenir plus forts, plus compétents et mieux outillés », a-t-il insisté.
Pour le directeur général, la réussite de cette politique ne se mesurera pas uniquement au nombre d’étudiants envoyés à l’étranger, mais également à la capacité des diplômés à mettre leurs connaissances au service de la Guinée.
Il a ainsi exhorté les bénéficiaires à faire preuve d’assiduité, de rigueur et de responsabilité tout au long de leur séjour.
Dr Sandy Kola Tolno partage son expérience avec les futurs étudiants
Ancien étudiant en Russie, le Dr Sandy Kola Tolno a, pour sa part, privilégié un témoignage personnel. L’ambassadeur de l’Éducation et de la Science de la Fédération de Russie et président du Mouvement international des russophiles de Guinée a rappelé aux futurs boursiers que leur séjour sera aussi une expérience humaine, marquée par l’adaptation à une nouvelle culture et par des difficultés qu’ils devront apprendre à surmonter.
Pour lui, le développement d’un pays ne dépend pas uniquement de ses ressources naturelles, mais surtout de la qualité des femmes et des hommes capables de les valoriser.
« Le développement d’un pays ne peut pas se passer sans ces ressources humaines. Même si vous disposez des ressources naturelles, un bon sous-sol, mais si vous n’avez pas de bonnes ressources humaines, le pays ne va jamais se développer », a-t-il déclaré.
Pour illustrer son propos, il est revenu sur les difficultés qu’il a lui-même rencontrées pendant ses études en Russie, notamment les périodes durant lesquelles les bourses de l’État n’étaient pas versées.
« On a fait des moments, lorsqu’on étudiait, sans percevoir les bourses de l’État. Mais je vous dis encore une chose, on n’avait même pas à manger », a-t-il raconté.
Le médecin a évoqué un souvenir particulièrement marquant : un jour, avant de se rendre à l’université, il ne disposait que de riz et d’un oignon pour se nourrir.
« J’ai pris le riz, j’ai préparé, j’ai bouilli l’oignon et j’ai mis sur le riz, j’ai mangé, j’ai pris mes livrets et j’ai continué à étudier », a-t-il confié.
À travers cette anecdote, il a voulu montrer que les difficultés matérielles ne doivent pas nécessairement conduire à l’abandon des études. Il a encouragé les bénéficiaires à persévérer et à privilégier le dialogue avec les services compétents lorsqu’ils rencontrent des problèmes.
La maîtrise de la langue russe constitue, selon lui, un autre facteur déterminant pour réussir leur parcours universitaire.
« Je vous demande de prendre les études au sérieux. Si vous prenez les études au sérieux et que vous parvenez à maîtriser la langue russe, les études vous seront faciles. Mais si vous ne parvenez pas à bien comprendre la langue russe, vous aurez des difficultés », a-t-il prévenu.
Il les a également invités à s’intégrer dans la société russe, à respecter les lois du pays d’accueil et à tirer pleinement profit des enseignements dispensés par leurs professeurs.
Au-delà de la réussite universitaire, le Dr Sandy Kola Tolno a attiré l’attention des étudiants sur les perspectives professionnelles qui s’offriront à eux à leur retour en Guinée.
Il leur a notamment conseillé de ne pas faire de l’intégration à la fonction publique leur unique objectif, rappelant que l’État ne pourra pas recruter tous les diplômés.
« L’État ne peut pas embaucher tout le monde dans la fonction publique », a-t-il souligné.
Il les a ainsi encouragés à envisager d’autres possibilités, notamment l’entrepreneuriat et la création d’activités à partir des connaissances acquises en Russie.
« Même si l’État ne vous prend pas, ne restez pas avec les diplômes de la Fédération de Russie pour dire qu’on ne m’a pas embauché, ça serait une honte », a-t-il lancé.
Pour lui, les compétences acquises à l’étranger doivent permettre aux jeunes diplômés de trouver leur place dans différents secteurs et de contribuer au développement de leur pays, que ce soit dans l’administration ou à travers leurs propres projets.
Au terme de cette rencontre, les trois intervenants ont insisté sur la responsabilité qui accompagne cette opportunité offerte aux 150 boursiers guinéens. Entre exigences académiques, adaptation à un nouvel environnement et préparation du retour au pays, leur parcours en Russie constituera une étape importante de leur formation.
L’enjeu, au-delà de l’obtention des diplômes, sera de faire de ces compétences un véritable atout pour la Guinée.
Christine Finda KAMANO
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Last modified: 21 octobre 2026





