
Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, ce samedi 17 octobre 2026, la convention de financement relative au projet de construction et de bitumage de la route nationale Labé-Tougué, y compris la bretelle Banti-Koubia.
Présidée par Dr Dansa Kourouma, président de l’institution, la séance s’est déroulée en présence de membres du gouvernement et de plusieurs autres invités de marque.
Selon le rapport de la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération, présenté par le rapporteur général, l’honorable N’Gouamou Fabara Koné, le projet vise à améliorer la connectivité entre plusieurs préfectures de la Moyenne-Guinée et de la Haute-Guinée, tout en facilitant les échanges économiques et la mobilité des populations.
Le projet porte sur la construction et le bitumage de 148,860 kilomètres de la route nationale Labé-Tougué, auxquels s’ajoutent 11,443 kilomètres pour la bretelle Banti-Koubia. Il prévoit également la construction d’un pont de 200 mètres linéaires sur le fleuve Bafing. Le délai d’exécution des travaux est fixé à 36 mois.
Un projet stratégique pour le désenclavement des régions
Inscrit dans la dynamique du programme Simandou 2040, notamment son troisième pilier consacré aux infrastructures, aux transports et à la technologie, ce projet est présenté comme un levier important pour le développement des infrastructures routières du pays.
D’après le rapport soumis aux députés, ces axes constituent des corridors stratégiques reliant les régions de la Moyenne-Guinée et de la Haute-Guinée. Ils desservent notamment les préfectures de Labé, Tougué, Koubia, Dinguiraye et Siguiri.
La commission souligne que l’état de dégradation avancée des routes concernées constitue un frein au développement économique et social des localités traversées. Cette situation complique notamment l’évacuation des productions agricoles et pastorales, alors que la zone figure parmi les principaux bassins agropastoraux du pays.
La réalisation des travaux devrait ainsi contribuer au désenclavement des localités concernées, à la dynamisation des activités économiques et à l’amélioration de l’accès des populations aux services sociaux de base.
Un coût estimé à près de 290 millions d’euros
Le coût global du projet est estimé à 289,55 millions d’euros. Cette enveloppe couvre principalement les travaux de construction de la route, évalués à 223,09 millions d’euros, ainsi que la construction du pont sur le fleuve Bafing, dont le coût est estimé à 14,58 millions d’euros.
Le budget prévoit également 6,488 millions d’euros pour le contrôle et la supervision, 6,034 millions d’euros pour l’appui institutionnel et 3,512 millions d’euros pour les mesures sociales et environnementales.
À ces dépenses s’ajoutent 11,93 millions d’euros destinés aux aménagements connexes, notamment la construction d’un poste de péage à huit voies et l’aménagement de la voirie urbaine de Kollet. Une provision de 23,917 millions d’euros est par ailleurs prévue pour les aléas et la révision des prix.
Une facilité de financement de 300 millions d’euros
La convention, signée le 20 juillet 2026 entre la République de Guinée et plusieurs institutions financières internationales, prévoit une facilité de financement de 300 millions d’euros, frais de transaction compris.
Le financement est structuré autour de deux mécanismes : une ligne de crédit conventionnelle et une ligne de crédit islamique de type Mourabaha.
Pour la ligne conventionnelle, Bank of Africa United Kingdom apporte 50 millions d’euros et AL AHLI Bank of Kuwait – DIFC, 30 millions d’euros.
La ligne de crédit islamique est, quant à elle, répartie entre Africa Finance Corporation, à hauteur de 100 millions d’euros, First Abu Dhabi Bank, pour 75 millions d’euros, Bank of Africa – Banque Offshore, pour 25 millions d’euros, et ABC Islamic Bank, pour 20 millions d’euros.
Les conditions financières prévoient notamment une marge de 4,15 % par an au-dessus de l’Euribor à six mois, selon les modalités applicables aux facilités conventionnelle et islamique. La convention prévoit également une commission d’arrangement forfaitaire de 1,35 % et une commission d’engagement annuelle de 1 % sur la partie non utilisée de la facilité conventionnelle pendant la période de disponibilité.
La maturité du financement est fixée à sept ans à compter de la première utilisation des fonds. Le remboursement bénéficie d’un différé de 24 mois, suivi de onze échéances semestrielles. La période de disponibilité des fonds est, quant à elle, de 36 mois.
La CSE chargée de l’exécution du projet
La réalisation du projet sera confiée à la Compagnie Sahélienne d’Entreprise (CSE), dans le cadre d’un contrat EPCF, qui englobe la conception, l’exécution des travaux et la mobilisation du financement.
Selon le rapport de la commission, le prêt bénéficiera d’une assurance IEC couvrant au moins 95 % des risques politiques et commerciaux.
L’adoption de cette convention par les députés marque ainsi une étape importante dans la mobilisation des ressources destinées à la réalisation de cet axe routier. À terme, les autorités ambitionnent de renforcer les échanges entre les régions concernées, de faciliter le transport des produits agricoles et pastoraux et de soutenir le développement socioéconomique des populations riveraines.
Youssouf Keita
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Last modified: 18 octobre 2026





