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Procès de la chicha à Dixinn : sept prévenus condamnés à 500 000 GNF d’amende chacun

13 octobre 2026

Conakry-Treize individus ont comparu devant le tribunal de première instance de Dixinn pour des faits liés à la détention et à la consommation de chicha. À l’issue du procès, sept d’entre eux ont été reconnus coupables et condamnés au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens chacun.

Ils ont été jugés ce lundi 12 octobre 2025, à l’audience correctionnelle du tribunal de Dixinn. À la barre, après leur identification par le tribunal, les prévenus ont tous nié les faits qui leur étaient reprochés.

Sira Fofana, élève en 12e année, a été la première à comparaître devant le tribunal. « Je ne fume pas de chicha. Avant, je fumais, mais le jour où j’ai été arrêtée, je ne fumais pas. J’ai été arrêtée à Ratoma, dans un lounge. (…) On était partis pour l’anniversaire d’un ami », a-t-elle expliqué.

« Je fumais de la chicha, mais depuis que je suis tombée malade, j’ai arrêté », a-t-elle précisé.

Interrogée par le tribunal et le parquet, elle a finalement reconnu avoir été arrêtée en possession d’une pipe à chicha.

Mafering Keïta, couturière de profession, a, pour sa part, opté pour la négociation avant de livrer sa version des faits. « J’étais partie à un anniversaire. C’est là que j’ai été arrêtée. Le gérant était en train de monter la bouteille quand la police est entrée », a-t-elle affirmé.

De son côté, Mariam Sony Camara, serveuse de profession, a déclaré avoir été interpellée dans un lounge. « Je reconnais avoir été dans un lounge, mais je ne fumais pas », a-t-elle soutenu.

Avant d’ajouter : « Quand je suis arrivée avec mon copain, nous sommes allés dans un coin où la fumée ne pouvait pas nous atteindre. Les gens fumaient de la chicha lorsque les policiers sont arrivés. »

Comme plusieurs autres prévenus, Sany Bangoura, marchande de profession, a nié les faits. « On était assis, on n’avait pas commandé de chicha. On venait juste d’arriver pour l’anniversaire de notre ami », a-t-elle déclaré, précisant qu’elle s’était rendue sur les lieux à la suite d’une invitation.

« Il y avait des machines dans la boîte, mais nous n’avons pas fumé », a-t-elle insisté.

Amadou Bailo Bah, diplômé en banque et finance, a également rejeté les accusations à la barre. « Je suis hostile à cette pratique. On m’a arrêté derrière le comptoir, où je vendais des boissons », s’est-il défendu.

Interrogé par la procureure, il a maintenu sa position : « Je ne suis pas le gérant, mais je revends des boissons. Avant l’interdiction, on revendait de la chicha. C’est mon ami qui était chargé de la revente. (…) Les accessoires saisis ont été retrouvés dans un vieux congélateur. »

Élève en 12e année, Moussa Camara a, lui aussi, rejeté les faits qui lui sont reprochés. « Je fumais de la chicha, mais depuis son interdiction, je n’en ai plus fumé. Je reconnais que j’étais un fumeur de chicha », a-t-il déclaré.

Il a reconnu avoir invité ses amis pour célébrer son anniversaire. À la barre, il a toutefois admis avoir menti sur la date de cet anniversaire, qui est normalement célébré le 28 janvier.

Mohamed Bangoura, marchand de profession, a également nié les faits avant de relater les circonstances de son arrestation. « J’étais au comptoir avec ma copine, qui prenait une boisson. C’est là que j’ai vu les policiers entrer de force et menacer les gens. Ils ont saisi deux machines », a-t-il déclaré.

Ousmane Tolo Soumah, mécanicien de profession, a également été interpellé dans une boîte de nuit. « Quand les policiers ont fouillé la boîte, ils n’ont rien trouvé. En sortant, ils ont aperçu un magasin et ont demandé qu’on l’ouvre. Le monsieur qui était au comptoir a ouvert et ils y ont trouvé deux machines et neuf plaquettes de chicha », a-t-il expliqué, avant de demander pardon pour son acte.

Abdoulaye Condé, élève en 12e année, a rejeté les faits qui lui sont reprochés. « J’ai été arrêté dehors », a-t-il sèchement déclaré au tribunal.

Habib Diallo, gérant d’une boîte de nuit à Kipé, a expliqué que les machines saisies étaient destinées à la vente, mais qu’elles avaient été entreposées dans un magasin.

« Je suis le gérant principal de la boîte où il a été arrêté à Kipé. Soixante-dix machines ont été saisies. Elles étaient destinées à la vente, mais stockées dans le magasin. (…) Lorsque l’interdiction est entrée en vigueur, j’ai appelé le propriétaire pour l’en informer. Il m’a demandé de créer un magasin et de les y stocker jusqu’à son arrivée. Nous avons passé deux mois sans vendre de chicha », a-t-il expliqué.

Lancinet Kanté, marchand de profession, a également nié les faits. Selon lui, il a été arrêté alors qu’il installait sa machine à pop-corn. Il affirme que ses amis lui avaient proposé de cotiser pour lui acheter de la chicha, mais qu’il leur avait répondu ne pas avoir d’argent.

Arrêté à Bellevue, dans un lounge, Fodé Aly Oularé, étudiant en deuxième année de licence, a lui aussi rejeté les accusations. « J’étais venu acheter de la bière. Il y avait des gens à l’intérieur. J’ai demandé où se trouvait le gérant, mais personne n’a répondu. En sortant, j’ai croisé les policiers à la porte. Ils m’ont poussé. J’ai été le seul à être arrêté. Ils m’ont confondu avec le gérant », a-t-il raconté.

Mohamed Soumah, ingénieur du son dans les boîtes de nuit, a été le dernier prévenu à faire sa déposition devant le tribunal. Selon lui, il a été arrêté alors qu’il se trouvait seul à l’extérieur.

« Mon grand, qui coordonne l’équipe, a dit à ses petits de m’arrêter parce que je serais le PDG. Je pensais qu’il plaisantait. J’ai vu qu’ils avaient saisi des arômes », a-t-il déclaré.

Dans ses réquisitions, la représentante du ministère public a demandé au tribunal de première instance de renvoyer Fodé Aly Oularé, Mohamed Soumah et Abdoulaye Condé des fins de la poursuite pour délit non constitué.

En revanche, la procureure a requis la condamnation de Sira Fofana, Mafering Keïta, Mariam Sony Camara, Sany Bangoura, Amadou Bailo Bah, Moussa Camara, Mohamed Bangoura, Ousmane Tolo Soumah, Habib Diallo et Lancinet Kanté. Pour la répression, elle a sollicité des amendes allant de 500 000 à deux millions de francs guinéens.

À l’issue des débats, le tribunal a rendu son verdict. Le juge a déclaré Fodé Aly Oularé, Mohamed Soumah, Sony Bangoura, Mafering Keïta et Abdoulaye Condé non coupables.

En revanche, Amadou Bailo Bah, Ousmane Tolo Soumah, Habib Diallo, Mohamed Bangoura, Moussa Camara, Sira Fofana et Lancinet Kanté ont été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Ils ont chacun été condamnés au paiement d’une amende de 500 000 francs guinéens.

Bhoye Barry pour guinee7.com

Last modified: 13 octobre 2026

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