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Dernier hommage à Mgr Albert Gomez : la Guinée salue la mémoire d’un « berger, médiateur et homme de conviction »

26 septembre 2026

Décédé le 7 septembre dernier à Dakar des suites d’une maladie, Monseigneur Albert David Guillaume Gomez, archevêque émérite de l’Église anglicane de Guinée, a reçu ce vendredi 25 septembre un dernier hommage au Palais du Peuple, avant son inhumation à la cathédrale Toussaint de Conakry.

Famille, proches, responsables religieux, anciens collaborateurs du Conseil national de la transition (CNT) et autorités ont salué la mémoire d’un homme présenté comme un serviteur de Dieu, un artisan du dialogue et un défenseur des valeurs humaines.

Dès les premières heures de la matinée, le Palais du Peuple a accueilli une foule venue rendre hommage à celui qui fut le deuxième évêque guinéen de l’histoire du diocèse anglican de Guinée. Dans une atmosphère empreinte de recueillement, les témoignages se sont succédé pour retracer le parcours d’un homme dont l’engagement a dépassé les murs de l’Église.

Williams Fernández : « Un fromager s’est abattu, un guerrier a déposé son sabre »

Pour Williams Fernández, chancelier de l’Église anglicane de Guinée, la disparition de Monseigneur Gomez constitue une grande perte pour la communauté chrétienne et pour la nation.

« C’est avec le cœur chargé d’une profonde tristesse, mais habité par une immense gratitude envers le Tout-Puissant, que nous nous réunissons aujourd’hui pour saluer le rappel à Dieu de l’un des fils illustres de la Guinée, sa grandeur, Monseigneur Albert David Guillaume Gomez », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’ancien archevêque restera dans les mémoires comme « un berger attentionné et attentif », mais également comme « un combattant ».

« Un fromager s’est abattu. Un guerrier a déposé son sabre. Une bougie s’est éteinte. Un héros a tiré sa révérence », a-t-il lancé, avant de rappeler son parcours à la tête du diocèse anglican de Guinée de 2000 à 2013.

Williams Fernández a également insisté sur le rôle joué par Monseigneur Gomez dans les moments difficiles de la vie sociopolitique du pays.

« Homme de Dieu, il était aussi un citoyen engagé, un impatigable artisan du dialogue et de la concorde nationale. La Guinée se souviendra à jamais de son rôle crucial de médiateur lors des crises socio-politiques », a-t-il témoigné.

Monseigneur Albert Gomez avait également occupé la fonction de premier vice-président du Conseil national de la transition (CNT) entre 2010 et 2014. Ses anciens collaborateurs le décrivent comme une personnalité attachée au dialogue, à l’écoute et à l’apaisement.

Au CNT, un homme « mature, doux, visionnaire et rassembleur »

Au nom du collectif des membres du CNT 2010, le Colonel Akoï a salué la mémoire d’un « homme mature, doux, visionnaire et rassembleur ».

« Au sein de cet organe consultatif se trouvait fort heureusement un homme mature, doux, visionnaire, au leadership rassembleur et apaisé, constamment inspiré par la spiritualité. Je vais nommer Monseigneur Albert-David Gomez », a-t-il déclaré.

Revenant sur son passage au CNT, il a rappelé que l’ancien archevêque avait toujours privilégié l’écoute et la recherche du consensus.

« Monseigneur Gomez avait toujours du temps, de l’énergie et de la patience à écouter ses interlocuteurs afin de se faire une conviction propre lui permettant de prendre de bonnes décisions face à ses responsabilités », a-t-il ajouté.

Le Colonel Akoï a également évoqué son engagement dans la médiation et le règlement des conflits.

« Champion incontesté du dialogue et de la médiation, de nombreuses familles auxquelles tu as réussi à éviter la séparation grâce à ta profession de foi profondément puisée dans ton sacerdoce te pleurent aujourd’hui », a-t-il déclaré.

« Tout va bien, papa. Tout va très bien » : l’hommage bouleversant de sa fille Pascaline

Au nom des enfants de Monseigneur Gomez, Pascaline Gomez a livré un témoignage particulièrement émouvant sur l’homme qu’elles ont connu dans l’intimité familiale.

À travers des souvenirs simples, elle a décrit un père calme, attaché à la justice, à l’honnêteté et à la droiture.

« Lorsque mes sœurs m’ont demandé de prendre la parole pour parler de papa, je ne savais pas vraiment par où commencer. Parce que comment résumer une vie et surtout comment résumer un père ? », a-t-elle confié.

Elle a notamment raconté une anecdote de son enfance, lorsque son père lui avait appris la valeur de l’honnêteté.

« Un jour, il m’a regardée et il m’a simplement dit : “Pascaline, mais l’argent que je t’ai donné, ce n’est pas exactement le prix de la baguette. Qu’est-ce que tu as fait de la monnaie ?” »

Pour elle, cette petite remarque résumait les principes que son père voulait transmettre à ses enfants.

« Ce qui ne t’appartient pas, tu ne dois pas le prendre. C’était papa. Il nous donnait des leçons de vie à travers les choses les plus simples du quotidien », a-t-elle témoigné.

Pascaline Gomez a également évoqué la personnalité de son père dans l’exercice de ses responsabilités publiques.

« Nous l’avons vu exercer des responsabilités très importantes tout en refusant ce que beaucoup auraient accepté. Il ne se laissait acheter par personne et refusait tout ce qui pouvait compromettre ses principes », a-t-elle affirmé.

Revenant sur les derniers instants de son père, elle raconte un homme resté fidèle à lui-même jusqu’au bout.

« Même à ce dernier moment, il a cherché à nous rassurer. C’était tout papa. Il a gardé cette dignité, ce même calme, ce même courage », a-t-elle dit.

Avant de conclure par une phrase devenue un symbole pour sa famille :

« Alors papa, merci beaucoup. Merci pour tout ce que tu nous as transmis. Et puisque ces mots ont accompagné papa toute sa vie, même dans les moments les plus difficiles, j’ai envie de terminer avec les tiens : Tout va bien, papa. Tout va très bien. »

Les femmes chrétiennes saluent un défenseur de leur engagement

Prenant la parole au nom des femmes chrétiennes de Guinée, l’apôtre Thérèse Doré a rendu hommage à un homme qui, selon elle, a toujours encouragé la participation des femmes dans l’Église et dans la société.

« Pour nous, l’homme n’était pas seulement un serviteur de l’Église ou un homme engagé au service de l’État. Il était un père, un père que nous avons côtoyé, aimé », a-t-elle déclaré.

Elle a rappelé son soutien aux femmes engagées dans les œuvres religieuses et sociales.

« Il nous poussait à prendre toute la place qui est la nôtre. Tant dans l’œuvre de Dieu que dans le leadership national, il croyait fermement aux capacités de la femme guinéenne », a-t-elle ajouté.

Une dernière prière avant l’inhumation

Après plusieurs heures de témoignages, la dépouille mortelle de Monseigneur Albert David Guillaume Gomez a été conduite à la cathédrale Toussaint de Conakry pour la célébration religieuse.

Dans son homélie, Monseigneur Dr Kobina, archevêque métropolitain de l’Église de la province de l’Afrique de l’Ouest, a rappelé que la valeur d’une vie ne se mesure pas seulement au nombre d’années vécues, mais à l’impact laissé auprès des autres.

« Dans la vie, il ne s’agit pas de combien d’années tu as eues, mais de comment ta vie a impacté celle des autres », a-t-il souligné.

À l’issue de la prière funèbre, une dernière procession a été organisée avec la dépouille de Monseigneur Albert Gomez autour de la cathédrale Toussaint, avant son inhumation dans l’enceinte de l’édifice religieux, où il repose désormais.

Christine Finda Kamano

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Last modified: 26 septembre 2026

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