
Le gouvernement guinéen entend davantage s’appuyer sur l’épargne nationale pour financer ses projets de développement.
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget, à travers la Direction générale des financements, en partenariat avec plusieurs établissements financiers, notamment Afriland First Bank, a officiellement lancé, ce vendredi 25 septembre 2026, un appel public à l’épargne portant sur un emprunt obligataire de 2 500 milliards de francs guinéens (GNF).
Prévue du 25 septembre au 23 octobre 2026, l’opération est pilotée par Afriland First Bank, désignée comme arrangeur, conseil et chef de file de l’émission. Elle vise notamment à renforcer le financement intérieur de l’État, à diversifier ses sources de financement et à contribuer au développement du marché des titres publics en Guinée.
L’emprunt est constitué d’obligations d’une valeur nominale de 5 millions de GNF, avec une maturité de cinq ans et un taux d’intérêt annuel de 11 %. Le capital sera amorti annuellement et les coupons seront versés chaque année.
L’opération est ouverte aux personnes physiques et morales, aux entreprises, aux investisseurs ainsi qu’aux acteurs industriels, avec une exonération d’impôts et de taxes.
À l’occasion de ce lancement, le directeur général des Financements a salué la mobilisation des acteurs du secteur financier et leur confiance dans la signature de l’État. Il a expliqué que cette opération s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la mobilisation des ressources nationales et d’approfondir le marché financier guinéen.
Selon lui, l’économie guinéenne bénéficie d’une dynamique soutenue, portée notamment par les grands projets miniers. Il a également mis en avant la maîtrise de l’inflation et le maintien du ratio de dette publique autour de 37 % du PIB.
Le recours au marché financier national constitue, à ses yeux, un choix stratégique permettant de mobiliser l’épargne locale tout en réduisant l’exposition aux risques liés aux financements extérieurs. Après avoir mobilisé 1 500 milliards de GNF en 2025, l’État porte ainsi son objectif à 2 500 milliards de GNF en 2026.
Les fonds collectés doivent notamment contribuer au financement des infrastructures et des transports, de l’agriculture, de l’énergie, de l’agro-industrie, de l’éducation, de la formation et du développement social.
Afriland First Bank reconduit comme chef de file
De son côté, l’administrateur général d’Afriland First Bank, Guy Laurent Fondjo, s’est félicité de la participation de son établissement à cette nouvelle opération, rappelant que la banque est reconduite pour la troisième fois consécutive comme arrangeur et chef de file.
Il a relevé la progression de l’objectif de mobilisation, passé de 1 500 milliards de GNF en 2025 à 2 500 milliards en 2026, soit une hausse de près de 67 %.
Pour lui, le financement domestique constitue un levier important pour accompagner les programmes de long terme, notamment ceux liés à Simandou 2040, dans des secteurs tels que les infrastructures, l’énergie, la santé et l’éducation.
Depuis 2015, a-t-il rappelé, Afriland First Bank accompagne les opérations de mobilisation de ressources de l’État guinéen. Au cours de cette période, plus de 6 300 milliards de GNF auraient été mobilisés sur le marché local à travers différentes émissions obligataires.
L’administrateur général a invité les banques, les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance, les investisseurs institutionnels, les entreprises, les particuliers ainsi que les membres de la diaspora à participer à l’opération, présentée comme une démarche collective de la place financière guinéenne.
La BCRG et les établissements de crédit mobilisés
Garant de cette opération, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), par la voix de son gouverneur, Karamo Kaba, a salué cette nouvelle initiative et assuré que son institution jouera pleinement sa partition pour contribuer au succès de l’emprunt.
Même engagement du côté de l’Association professionnelle des établissements de crédit de Guinée. Par la voix de son porte-parole, l’association a réaffirmé l’engagement des établissements de crédit à accompagner l’opération.
Prenant la parole, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a inscrit cette opération dans le cadre plus large de la transformation économique du pays.
Elle a notamment souligné l’accélération de la croissance économique, la maîtrise des équilibres macroéconomiques ainsi que le renforcement de la crédibilité financière de la Guinée. Elle a également évoqué les investissements directs étrangers, l’accord conclu avec le FMI et les différentes réformes engagées par le gouvernement.
Pour elle, le projet Simandou constitue l’un des principaux moteurs de cette transformation. Toutefois, les ambitions du pays ne doivent pas se limiter à l’exportation du minerai de fer.
La vision Simandou 2040 doit, selon elle, permettre de transformer les richesses naturelles en infrastructures, en énergie, en emplois, en entreprises guinéennes compétitives, en formation et en revenus pour les populations. Dans cette perspective, le gouvernement prépare également la création d’un Fonds souverain de Guinée, destiné à préserver et à faire fructifier une partie des richesses nationales au bénéfice des générations futures.
La ministre a également insisté sur la nécessité de mobiliser davantage l’épargne nationale. L’appel public à l’épargne doit ainsi permettre d’approfondir le marché financier, de diversifier les sources de financement de l’État et de faire des Guinéens des acteurs directs du financement du développement national.
Les ressources issues de l’emprunt seront consacrées aux investissements prévus dans le budget de l’État, notamment dans les infrastructures, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’industrie, le commerce et l’énergie.
« Nous n’empruntons donc pas pour emprunter. Nous empruntons pour investir », a déclaré Mariama Ciré Sylla, tout en soulignant la nécessité de préserver la soutenabilité de la dette et les équilibres macroéconomiques.
En clôturant son intervention, la ministre a appelé les banques, les compagnies d’assurance, les institutions financières, les entreprises, les entrepreneurs, les particuliers et les membres de la diaspora à participer à l’opération.
« La Guinée que nous voulons en 2040 ne se construira pas en 2040. Elle se finance aujourd’hui, elle s’investit aujourd’hui et elle se construit aujourd’hui », a-t-elle lancé, avant de déclarer officiellement ouvert l’emprunt obligataire 2026 de 2 500 milliards de francs guinéens.
Youssouf Keïta
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Last modified: 26 septembre 2026





