
Conakry – Le nouveau bureau exécutif du Syndicat des professionnels de la presse de Guinée (SPPG) a été officiellement installé ce samedi 8 août 2026, lors d’une cérémonie organisée dans un réceptif hôtelier de Conakry. Plusieurs acteurs du monde des médias, responsables syndicaux, représentants diplomatiques et autorités publiques ont pris part à l’événement.

Une nouvelle étape s’ouvre pour le Syndicat des professionnels de la presse de Guinée. Après son 4ᵉ congrès, au cours duquel les membres du nouveau bureau exécutif ont été élus et les textes de l’organisation révisés, le SPPG a procédé à l’installation officielle de son équipe dirigeante.

Au nom de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (CNTG), Madjou Diallo a donné lecture du procès-verbal du 4ᵉ congrès, consacrant notamment l’élection des membres du bureau exécutif et la révision des textes du syndicat.

La cérémonie a également été marquée par la remise de satisfecit aux membres du bureau sortant, qui ont dirigé le SPPG de 2021 à 2026, ainsi qu’aux responsables des antennes du syndicat à l’intérieur du pays.
Sékou Jamal Pendessa fixe les priorités du nouveau bureau

Réélu à la tête du SPPG, Sékou Jamal Pendessa a placé son nouveau mandat sous le signe du dialogue, de la responsabilité et de la solidarité. Devant les invités, le secrétaire général entrant a présenté la vision de son équipe autour d’un slogan : « Renforcer l’élan collectif pour le renouveau de la presse guinéenne. »
Pour lui, cette ambition dépasse le seul cadre syndical et concerne l’ensemble des acteurs du secteur : « nous avons tous une responsabilité dans la construction d’une presse libre, crédible, professionnelle et économiquement viable. Une presse capable d’informer avec rigueur, de contrôler l’action publique avec responsabilité, de promouvoir la paix sociale et de contribuer au développement national. »
Sékou Jamal Pendessa a également insisté sur l’importance de la liberté de la presse dans le fonctionnement démocratique : « la liberté de la presse n’est donc pas un privilège accordé aux journalistes ; elle constitue un droit fondamental des citoyens. Elle renforce la transparence, elle favorise la bonne gouvernance, elle contribue à la lutte contre la corruption, elle rassure les investisseurs, elle consolide la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. »

Parmi les attentes formulées par le nouveau bureau figure la reprise du dialogue avec les autorités, mais aussi la réouverture des médias fermés : « l’espoir de voir reprendre un dialogue constructif entre les autorités et les acteurs des médias ; L’espoir de voir rouvrir les médias qui demeurent fermés, afin que des centaines de professionnels retrouvent leur emploi, leur dignité et leur rôle dans la société. »
Le secrétaire général du SPPG a par ailleurs renouvelé l’appel à faire progresser les enquêtes concernant les disparitions de journalistes et de proches de journalistes : « l’espoir, également, que toute la lumière soit faite sur les disparitions inquiétantes, dont celles de nos confrères Habib Marouane Camara et Sansy Keïta, mais aussi le père du journaliste Mamadou Babila Keïta. »»
La convention collective au cœur du mandat
Autre priorité affichée par le nouveau bureau : l’adoption de la convention collective des professionnels des médias. Sékou Jamal Pendessa veut en faire l’un des principaux chantiers de son mandat : « c’est pourquoi le nouveau Bureau national fera de l’adoption de la convention collective une de ses priorités majeures. Cette convention ne doit pas être perçue comme une menace pour les entreprises de presse, bien au contraire : elle constitue une garantie de stabilité, de professionalisation, de prospérité pour l’ensemble du secteur. »

S’adressant directement aux patrons de presse, il a voulu lever les inquiétudes autour de cette démarche : « le SPPG ne mène aucune croisade contre les entreprises de presse. Nous savons que des médias solides sont indispensables à la protection durable des emplois. Notre ambition est simple : créer un cadre équilibré où les droits des travailleurs sont protégés sans compromettre la pérennité économique des entreprises. »
La couverture sanitaire des journalistes et techniciens figure également parmi les préoccupations du syndicat : « trop de journalistes et de techniciens tombent malades sans pouvoir accéder à des soins de qualité. Nous ne voulons plus que la maladie conduise nos confrères à exposer leur souffrance sur les réseaux sociaux à travers des appels désespérés à la solidarité. »
Au cours de son mandat, le nouveau bureau entend notamment poursuivre le plaidoyer pour la réouverture des médias fermés, renforcer la formation des journalistes, promouvoir la moralisation de la profession, rechercher des mécanismes de financement du journalisme d’investigation et améliorer les conditions sociales et sanitaires des travailleurs des médias.
Les organisations patronales favorables au dialogue

Prenant la parole au nom des organisations patronales de la presse, Talibé Barry a salué l’installation du nouveau bureau et le déroulement du congrès du SPPG.
Il a notamment estimé que la cérémonie constituait une occasion de remobiliser les acteurs autour des principaux défis auxquels le secteur est confronté : « je voudrais donc remercier le syndicat de nous avoir tous réunis ici puisque ce cadre nous a permis donc d’entendre dire des choses que nous abordons à longueur de journée dans nos rédactions et lors de rencontres informelles. »
Sur les revendications portées par le SPPG, le représentant des organisations patronales a affiché une position favorable au dialogue, notamment concernant les médias fermés, la protection des journalistes et la convention collective : « nous partageons les préoccupations exprimées ici par le Secrétaire général du syndicat, qu’il s’agisse de l’impérieuse nécessité d’aller enfin et définitivement à la réouverture des médias fermés ; qu’il s’agisse de l’appel adressé à nos autorités afin que les efforts visant à aider à retrouver la liberté de nos confrères dont on a des nouvelles ; qu’il s’agisse de la nécessité de faire la promotion et la couverture sanitaire en faveur des journalistes. »

Sur la convention collective, Talibé Barry assure de la disponibilité des organisations patronales à poursuivre les discussions : « je peux donc vous donner l’assurance de la disponibilité des organisations patronales de presse à continuer à échanger, à discuter, et on va dire ainsi, à dépasser ce que vous avez appelé ici certaines peurs chez les patrons de presse, mais aussi à dépasser certaines incompréhensions afin que cette convention collective puisse enfin voir le jour. »
Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la formation des journalistes face aux mutations du secteur : « la nécessité d’une formation, d’une mise à jour permanente des journalistes s’impose, et donc notre responsabilité, nous y contraint. »
L’Union européenne réaffirme son soutien à la liberté de la presse

Représentant la délégation de l’Union européenne en Guinée, Paolo Barroso Simões a félicité les nouveaux responsables du SPPG et souligné l’importance de l’organisation syndicale dans la défense de la profession.
Pour lui, la liberté de la presse dépasse le seul cadre professionnel : « la liberté d’expression et la liberté de la presse ne sont pas des enjeux sectoriels réservés aux seuls professionnels des médias. Elles sont au cœur de toute société aspirant à la paix, à la stabilité, à la participation citoyenne au développement durable. Elles constituent un bien public précieux et bénéfique à toutes et à tous. »
Le représentant européen a également évoqué les mutations auxquelles sont confrontés les médias, notamment avec l’essor des réseaux sociaux et la multiplication de la désinformation : « les professionnels doivent également relever de nouveaux défis comme la désinformation, la manipulation de l’information, les discours de haine, la pression économique et la concurrence de contenus non vérifiés. »
Dans ce contexte, il estime que la liberté de la presse doit aller de pair avec le professionnalisme : « liberté et responsabilité vont de pair. Une presse libre est d’autant plus forte qu’elle est rigoureuse, éthique, pluraliste, attachée à la vérification des faits et soucieuse de l’intérêt général. »
Paolo Barroso Simões a par ailleurs présenté plusieurs initiatives soutenues par l’Union européenne en faveur du secteur, notamment la formation des journalistes, la vérification des faits, la lutte contre la désinformation et les mécanismes de protection de l’espace civique.
Il a enfin souhaité que le nouveau mandat du SPPG soit placé sous le signe du rassemblement et du professionnalisme : « puisse-t-il être l’occasion de consolider la place du journaliste dans la société guinéenne, de renforcer les solidarités au sein de la profession et de contribuer à un espace public apaisé, informé et inclusif. »»
Le ministère de la Communication promet d’accompagner les médias

Représentant le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Mourana Soumah, Souleymane Thianguel Bah a, à son tour, adressé ses félicitations au nouveau bureau du SPPG.
Il a rappelé sa double casquette de représentant du département et de journaliste, avant d’insister sur la nécessité d’une liberté d’expression accompagnée de responsabilité : « je voudrais dire ici que, effectivement, il y a une liberté encadrée, une liberté reconnue pour tout le monde parce que nous tous, nous savons aujourd’hui que la liberté d’expression… la liberté pour nous tous, et aussi faire en sorte que cette liberté, liberté encadrée, liberté qui pourrait faire le contrepoids de ce que nous vivons aujourd’hui comme les délires des blogueurs. »
Pour lui, les professionnels des médias doivent jouer un rôle de référence face à la circulation de contenus non vérifiés sur les réseaux sociaux : « nous voyons régulièrement des éléments qui sont diffusés sur les réseaux sociaux, parce qu’en fin de compte, tout ce qui se dit n’est ni vérifié, ni recoupé, ni équilibré. Donc tout ceci, les journalistes que nous sommes, nous devons être les contrepoids de cette liberté-là. »
Le représentant du ministère a également cité les structures placées sous la tutelle du département et destinées à accompagner le secteur, notamment le Centre de Formation et de Perfectionnement aux Techniques de l’Information et de la Communication (CFPTIC) et le Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADM) : « nous avons le Centre de Formation et de Perfectionnement aux Techniques de l’Information et de la Communication (CFPTIC), mais aussi le Fonds d’Appui au Développement des Médias (FADM) qui sont des structures qui sont au niveau du ministère qui viennent appuyer cela. »
Dans une note plus légère, Souleymane Thianguel Bah a également évoqué les prochaines discussions entre le ministère et le syndicat, notamment autour des revendications des professionnels des médias : « monsieur Jamal Pendessa, je pense qu’on va se retrouver de temps en temps dans les négociations, même si c’est des négociations qui ne sont pas très tendres parfois ! On va taper! on va taper.! Nous serons là pour les médias, nous serons là pour le SPPG (Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée), et à très vite. »»
Un nouveau bureau face à de nombreux défis
À travers cette cérémonie d’installation, le SPPG entend ainsi ouvrir une nouvelle séquence de son histoire. Sékou Jamal Pendessa et son équipe devront notamment travailler sur les conditions de travail des journalistes, la convention collective, la couverture sanitaire, la formation professionnelle, la protection des journalistes et la réouverture des médias fermés.
En conclusion de son discours, le nouveau secrétaire général a appelé les professionnels des médias à dépasser leurs divergences et à privilégier l’unité : « l’avenir de la presse guinéenne ne se construira ni dans les divisions, ni dans les querelles de personnes ; il se construira dans l’unité, le dialogue, la responsabilité et le respect mutuel. »
Le nouveau bureau exécutif du SPPG entame ainsi son mandat avec la promesse de défendre les intérêts matériels, moraux et professionnels des travailleurs des médias, tout en privilégiant le dialogue avec les autorités et les organisations patronales.
Abdoul Lory Sylla pour guinee7.com
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Last modified: 9 août 2026





