{"id":97283,"date":"2026-05-16T13:12:13","date_gmt":"2026-05-16T11:12:13","guid":{"rendered":"https:\/\/uk.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=97283"},"modified":"2026-05-16T13:12:13","modified_gmt":"2026-05-16T11:12:13","slug":"lemergence-de-lafrique-du-defi-de-la-maitrise-de-la-science-a-lintegration-linguistique-continentale-par-ibrahima-loncebalite-konate","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uk.ambagn.staging.e-kaidi.net\/?p=97283","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9mergence de l\u2019Afrique : du d\u00e9fi de la maitrise de la science \u00e0 l\u2019int\u00e9gration linguistique continentale (Par Ibrahima Loncebalit\u00e8 Konat\u00e9)"},"content":{"rendered":"<div>\n<div style=\"margin-bottom:20px;\"><img width=\"959\" height=\"766\"src=\"https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?w=959&amp;ssl=1\" class=\"attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image\" alt=\"\" decoding=\"async\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?w=959&amp;ssl=1 959w, https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?resize=300%2C240&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?resize=768%2C613&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"(max-width: 959px) 100vw, 959px\" data-attachment-id=\"315898\" data-permalink=\"https:\/\/mediaguinee.com\/2026\/05\/lemergence-de-lafrique-du-defi-de-la-maitrise-de-la-science-a-lintegration-linguistique-continentale-par-ibrahima-loncebalite-konate\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d\/\" data-orig-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?fit=959%2C766&amp;ssl=1\" data-orig-size=\"959,766\" data-comments-opened=\"1\" data-image-meta='{\"aperture\":\"0\",\"credit\":\"\",\"camera\":\"\",\"caption\":\"\",\"created_timestamp\":\"1778875974\",\"copyright\":\"\",\"focal_length\":\"0\",\"iso\":\"0\",\"shutter_speed\":\"0\",\"title\":\"\",\"orientation\":\"1\"}' data-image-title=\"23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d\" data-image-description=\"\" data-image-caption=\"\" data-large-file=\"https:\/\/i0.wp.com\/mediaguinee.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/23ae4333-8bfc-4623-aee9-136f911c661d.jpeg?fit=959%2C766&amp;ssl=1\"><\/div>\n<p><strong>I. LES D\u00c9FIS DE LA MA\u00ceTRISE DE LA SCIENCE :<\/strong><\/p>\n<p>Il faut le reconnaitre, parler de langues africaines est probl\u00e9matique et attire parfois des regards pessimistes, surtout de la part des cadres et intellectuels africains. Ils voient en ce sujet, une perte de temps ; un retour \u00e0 l\u2019antiquit\u00e9 vu la diversit\u00e9 de langues en Afrique et les progr\u00e8s techniques et technologiques que certaines nations ont d\u00e9j\u00e0 obtenu.<\/p>\n<p>Pour eux, au lieu de perdre du temps \u00e0 promouvoir nos langues qui ont pris du retard consid\u00e9rable, qu\u2019il y\u2019a lieu de se focaliser sur d\u2019autres facteurs comme l\u2019\u00e9conomie, la technologie, l\u2019environnement etc.<br \/>\nPourtant, aucun d\u00e9veloppement, quel que soit, n\u2019est possible sans \u2018\u2019Connaissances\u2019\u2019. Ce sont ces connaissances qui am\u00e9liorent consid\u00e9rablement, de mani\u00e8re graduelle tous les domaines de la vie d\u2019une nation : social, culturel, \u00e9conomique et scientifique\u2026 C\u2019est en cela on dit que d\u00e9veloppement est \u2018\u2019Multifactoriel\u2019\u2019 ou \u2018\u2019Multidimensionnel\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Les deux premiers facteurs (social et culturel) ont des caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes selon les peuples ou les soci\u00e9t\u00e9s.<br \/>\nLe dernier \u00e9l\u00e9ment qu\u2019est la \u2018\u2019Science\u2019\u2019 est cette \u0153uvre qui facilite la vie \u00e0 l\u2019homme ; elle lui permet de la comprendre, de la connaitre mieux et de la dominer. Dans le temps ancien par exemple, l\u2019homme voyageait \u00e0 pied puis \u00e0 cheval. De nos jours, c\u2019est dans les engins roulants, volants et flottants gr\u00e2ce au progr\u00e8s scientifique.<\/p>\n<p>En jetant un coup d\u2019\u0153il dans le pass\u00e9, nous pouvons affirmer qu\u2019il n\u2019y a aucun peuple o\u00f9 la science n\u2019a pas exist\u00e9 ou n\u2019existe pas. Mais les niveaux de progr\u00e8s dans la d\u00e9couverte scientifique sont diff\u00e9rents. Ce qui veut dire, qu\u2019il y a des peuples ou des soci\u00e9t\u00e9s qui sont en avance dans le domaine scientifique par rapport \u00e0 d\u2019autres. Tel est le cas du continent africain de nos jours, comparativement aux autres nations du monde occidentale, asiatique etc.<\/p>\n<p><strong>Comment l\u2019Afrique peut-elle rattraper son retard sur le plan scientifique ?<\/strong><\/p>\n<p>Comme l\u2019a dit le feu Camarade Pr\u00e9sident Ahmed S\u00e9kou Tour\u00e9 que l\u2019Afrique n\u2019est pas en retard sur le plan culturel, elle n\u2019est en retard que sur le plan scientifique et technique.<\/p>\n<p>Pr\u00e9cisons que la d\u00e9couverte scientifique n\u2019est pas forc\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 la langue. Elle est compl\u00e8tement ind\u00e9pendante d\u2019elle. La langue n\u2019est qu\u2019un moyen utilis\u00e9 pour expliquer et transmettre le savoir. Car, la langue se d\u00e9finie comme un syst\u00e8me d\u2019expression utilis\u00e9e par un groupe de personnes. C\u2019est \u00e0 travers elle qu\u2019une communaut\u00e9 ou un peuple transmet ses savoir-faire et savoir \u00eatre. C\u2019est \u00e0 travers elle \u00e9galement qu\u2019on transmet les connaissances scientifiques, \u00e0 l\u2019\u00e9crit ou \u00e0 l\u2019orale. La connaissance peut aussi se transmettre par imitation ou observation simple.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que, par la nature des choses, il y a plusieurs groupes de personnes, par cons\u00e9quent, il y a diff\u00e9rentes langues selon l\u2019espace et le temps. Alors, l\u2019apprentissage de la science ne peut se faire dans une et unique langue. Cependant, quel qu\u2019en soit la langue utilis\u00e9e pour transmettre la science, le contenu reste le m\u00eame. Car le r\u00e9sultat de 5+15 en malink\u00e9 sera le m\u00eame en anglais ou en chinois.<\/p>\n<p>Les d\u00e9couvertes scientifiques se font par la curiosit\u00e9 et par la mati\u00e8re grise (esprit), et non par la langue. La langue n\u2019est qu\u2019un moyen de transmission. La science s\u2019obtient par l\u2019observation, la recherche et l\u2019exp\u00e9rimentation. Mais la bonne compr\u00e9hension et la bonne maitrise de cette science, en la transmettant par l\u2019oral ou l\u2019\u00e9crit n\u2019est possible qu\u2019\u00e0 travers la langue que l\u2019on maitrise le mieux. Et la langue que l\u2019on maitrise le mieux, le plus souvent n\u2019est d\u2019autre que notre langue maternelle.<\/p>\n<p>Selon le rapport ISU\/UA, 2023 sur \u2018\u2019L\u2019\u00e9ducation en Afrique : Placer l\u2019\u00e9quit\u00e9 au c\u0153ur des politiques\u2019\u2019 le taux d\u2019ach\u00e8vement par cycle est comme suit :<br \/>\nPrimaire : le taux d\u2019ach\u00e8vement est de 64 % ;<br \/>\nPremier cycle du secondaire (coll\u00e8ge) : il chute \u00e0 45% ;<br \/>\nSecond cycle du secondaire (lyc\u00e9e) : il n\u2019est que de 27%.<\/p>\n<p>L\u2019une des principales causes cit\u00e9es de cette triste r\u00e9alit\u00e9 est l\u2019usage de langues \u00e9trang\u00e8res au lieu des langues maternelles d\u00e8s le primaire.<br \/>\nCe qui sous-entend qu\u2019en Afrique, particuli\u00e8rement en Afrique subsaharienne, apr\u00e8s plus 60 ans, notre syst\u00e8me \u00e9ducatif ne s\u2019am\u00e9liore pas, mais se d\u00e9t\u00e9riore de jours en jour malgr\u00e9 parfois des investissements colossaux. Comment pourrons-nous maitriser les connaissances avec cette allure ? comment esp\u00e9rer une Afrique forte et \u00e9mergente avec ce syst\u00e8me ?<\/p>\n<p>En plus de la non maitrise de la science, nous constatons \u00e9galement une assimilation du peuple africain \u00e0 grande \u00e9chelle. Mais cela ne semble pas inqui\u00e9ter nos dirigeants.<\/p>\n<p>Comme le disait Cheik Anta Diop : \u00ab Un enseignement qui serait donn\u00e9 dans une langue maternelle permettrait d\u2019\u00e9viter des ann\u00e9es de retard dans l\u2019acquisition de la connaissance. Tr\u00e8s souvent l\u2019expression \u00e9trang\u00e8re est comme un rev\u00eatement \u00e9tanche qui emp\u00eache notre esprit d\u2019acc\u00e9der au contenu des mots qui est la r\u00e9alit\u00e9. Le d\u00e9veloppement de la r\u00e9flexion fait alors place \u00e0 celui de la m\u00e9moire. \u00bb<\/p>\n<p>Une partie de la synth\u00e8se des experts en \u00e9ducation de l\u2019UNESCO vient conforter tout cela : \u00ab\u2026 Lorsque la langue utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole n\u2019est pas la premi\u00e8re langue parl\u00e9e par les enfants, le risque de d\u00e9scolarisation ou d\u2019\u00e9chec dans les petites classes est plus \u00e9lev\u00e9 \u00bb. il affirme \u00e9galement : \u00ab Il est de plus en plus admis que les langues jouent un r\u00f4le vital dans le d\u00e9veloppement : gages de la diversit\u00e9 culturelle et du dialogue interculturel, elles sont aussi un moyen d\u2019atteindre une \u00e9ducation de qualit\u00e9 pour tous et de renforcer la coop\u00e9ration, de b\u00e2tir des soci\u00e9t\u00e9s du savoir inclusives et de pr\u00e9server le patrimoine culturel, et de mobiliser la volont\u00e9 politique en faveur de l\u2019application des bienfaits de la science et de la technologie au service du d\u00e9veloppement durable \u00bb.<\/p>\n<p>Ceci se conforte \u00e9galement par des donn\u00e9es alarmant de l\u2019Institut de Statistique de l\u2019UNESCO (ISU) et Banque Mondial dans le \u2018\u2019Rapport sur la pauvret\u00e9 des apprentissage\u2019\u2019 mise \u00e0 jour 2022 qui affirment : \u00ab Pr\u00e8s de 90% des enfants \u00e2g\u00e9s de 10 ans en Afrique subsaharienne sont incapables de lire et de comprendre un texte simple\u2026Moins d\u2019un enfant sur trois ach\u00e8ve le cycle primaire avec les comp\u00e9tences minimales requises en lecture et en math\u00e9matique\u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Il appartient donc aux diff\u00e9rents Etats d\u2019Afrique de renverser cette tendance, en faisant de nos langues, les langues d\u2019enseignement dans nos \u00e9tablissements scolaires, et non des langues \u00e0 enseigner.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019y prendre ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>1. Eviter le pi\u00e8ge de l\u2019enseignement bilingue transitionnel :<\/strong><br \/>\nNous devons tout d\u2019abord savoir qu\u2019il existe principalement trois mod\u00e8les d\u2019enseignement bilingue.<br \/>\na. Le premier mod\u00e8le est l\u2019\u2018\u2019Enseignement Bilingue Simultan\u00e9e\u2019\u2019, appel\u00e9 aussi \u2018\u2019P\u00e9dagogie Convergente\u2019\u2019 ou \u2018\u2019Bilinguisme Additif\u2018\u2019. Il se veut introduire les langues (langue nationale \u2013 langue \u00e9trang\u00e8re) en m\u00eame temps d\u00e8s le premier jour d\u2019\u00e9cole. Certaines mati\u00e8res sont enseign\u00e9es dans la langue nationale et d\u2019autres dans la langue \u00e9trang\u00e8re.<br \/>\nL\u2019objectif est de d\u00e9velopper une comp\u00e9tence \u00e9gale dans les deux langues d\u00e8s le d\u00e9but de la scolarit\u00e9.<\/p>\n<p>b. Le second est appel\u00e9 \u2018\u2019Mod\u00e8le de Transition Pr\u00e9coce\u2019\u2019 ou l\u2019\u2018\u2019Enseignement Bilingue Transitionnel\u2019\u2019. Il consiste \u00e0 commencer l\u2019alphab\u00e9tisation et les premi\u00e8res ann\u00e9es du primaire (g\u00e9n\u00e9ralement de CP1 au CE2) uniquement dans la langue nationale. On introduit ensuite progressivement la langue \u00e9trang\u00e8re comme mati\u00e8re, puis elle devient la langue principale d\u2019enseignement pour le reste du cycle.<br \/>\nL\u2019objectif est d\u2019utiliser la langue maternelle comme \u2018\u2019tremplin\u2019\u2019. L\u2019enfant maitrise d\u2019abord les concepts de base (lire, \u00e9crire et compter) dans sa langue, pour rendre ensuite l\u2019apprentissage de la langue \u00e9trang\u00e8re beaucoup plus facile et rapide.<\/p>\n<p>c. Le troisi\u00e8me mod\u00e8le est la \u2018\u2019G\u00e9n\u00e9ralisation Longue\u2019\u2019. Ici, la langue nationale n\u2019est pas un tremplin, elle reste la langue principale tr\u00e8s longtemps. La langue \u00e9trang\u00e8re n\u2019est utilis\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement au niveau primaire comme une mati\u00e8re. Mais la transition v\u00e9ritable vers la langue \u00e9trang\u00e8re ne se fait qu\u2019\u00e0 partir du secondaire.<\/p>\n<p>Parmi les trois mod\u00e8les cit\u00e9s, le plus fr\u00e9quent en Afrique est le second : \u2018\u2019Enseignement Bilingue Transitionnel\u2019\u2019. L\u2019objectif est clair : maintenir le mieux que possible l\u2019apprentissage \u00e0 travers les langues \u00e9trang\u00e8res. Et si nous remarquons \u00e9galement les deux autres mod\u00e8les, ils concourent tous \u00e0 la m\u00eame finalit\u00e9 : avoir des outils performants pour maintenir la d\u00e9pendance linguistique et psychologique.<\/p>\n<p>Pour Solomana Kant\u00e9 (l\u2019inventeur de l\u2019\u00e9criture N\u2019ko, 1922-1987) : \u00ab nous ne devons pas obliger tout un peuple \u00e0 apprendre une ou des langues \u00e9trang\u00e8res. Ceux qui devraient apprendre les langues \u00e9trang\u00e8res sont notamment des scientifiques (dans le but d\u2019aller acqu\u00e9rir d\u2019autres connaissances ailleurs), des diplomates dans le but de la coop\u00e9ration \u2026 \u00bb<\/p>\n<p>Je partage ce point de vue, car si la masse populaire d\u2019un peuple n\u2019est pas former, il n\u2019aura point de d\u00e9veloppement qu\u2019on souhaite. Le temps a d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9 qu\u2019avec la langue \u00e9trang\u00e8re comme langue d\u2019enseignement, il y\u2019a moins de r\u00e9ussite scolaire, plus d\u2019abandon scolaire et moins de scientifiques. En d\u2019autres termes, les cons\u00e9quences d\u2019apprendre qu\u2019avec des langues \u00e9trang\u00e8res au peuple sont d\u2019ordre social, culturel, p\u00e9dagogique, scientifique et psychologique\u2026<br \/>\nNous devons quitter d\u00e8s maintenant dans le cycle infernal de l\u2019exp\u00e9rimentation de mod\u00e8les de l\u2019enseignement bilingue pour aller vers la g\u00e9n\u00e9ralisation compl\u00e8te de l\u2019enseignement dans nos langues nationales \u00e0 tous les niveaux (primaire, secondaire, universit\u00e9).<\/p>\n<p><strong>2. Traduction des r\u00e9sultats des recherches scientifiques existantes :<\/strong><\/p>\n<p>Nous l\u2019avons dit, et nous ne cesserons de le r\u00e9p\u00e9ter que la plus grande probl\u00e9matique de l\u2019acquisition des connaissances en Afrique reste et demeure les langues de transmission de ces connaissances. Pour changer cela et que l\u2019enseignement dans nos langues africaines soient efficace, il y\u2019a lieu de financer \u00e0 grande \u00e9chelle, la traduction des r\u00e9sultats des recherches scientifiques d\u00e9j\u00e0 existantes sur les math\u00e9matiques, physique, chimie, biologie, botanique, astronomie\u2026Ces travaux de traduction permettront aux \u00e9tablissements scolaires \u00e0 tous les niveaux d\u2019\u00eatre fourni en contenus.<\/p>\n<p><strong>3. Financement des recherches scientifiques, des inventions et des innovations :<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019un des secteurs le plus sous financer sur notre continent est le domaine de recherches. Comme on le dit souvent, c\u2019est le parent pauvre. Or, ce secteur devrait obtenir beaucoup plus d\u2019attention de nos Etats, si toute fois nous voulons rattraper nos retards sur le plan scientifique et technologique. Ce secteur, est l\u2019un des plus grands leviers de la transformation quantitative et qualitative d\u2019une soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le financement de ce secteur ne devrait pas se limiter au seul financement des projets dans les domaines de la physique, math\u00e9matique, chimique, biologique. Non, il devrait \u00eatre \u00e9largi sur des projets allants dans le sens des recherches sur nos langues, nos patrimoines historiques, social et culturel.<\/p>\n<p>Ce financement devrait s\u2019\u00e9largir \u00e9galement sur le d\u00e9veloppement de la pharmacop\u00e9e africaine qui est d\u2019un support consid\u00e9rable dans la sant\u00e9 publique des nos peuples depuis des si\u00e8cles.<br \/>\nDans cette d\u00e9marche de financement des recherches scientifiques, nous ne devons pas commettre l\u2019erreur de croire que seules ceux qui seront dans le circuit scolaire ou institutionnel obtiendrons du financement. Il faut le dire, il y\u2019a des g\u00e9nies qui inventent, qui innovent et qui ne fr\u00e9quentent pas les cadres institutionnels. Il nous appartiendra de trouver les voies et moyens pour d\u00e9nicher ces cas et de les encadrer.<\/p>\n<p>Tous les r\u00e9sultats des travaux de recherche devront \u00eatre \u00e9crits dans nos langues nationales. Pour ceux ou celles qui \u00e9taient hors cadres institutionnels et qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nicher, ceux-ci devraient suivre une formation rapide dans leur langue pour leur permettre de savoir lire et \u00e9crire. A d\u00e9faut de cela, leurs inventions ou innovations devraient \u00eatre \u00e9crites par une tierce dans une langue nationale ou m\u00eame les langues nationales.<\/p>\n<p><strong>4. Financement d\u2019un programme d\u2019alphab\u00e9tisation d\u2019envergure :<\/strong><\/p>\n<p>Avec le nombre d\u2019adultes (15 ans et plus) estim\u00e9s \u00e0 200 000 000 d\u2019analphab\u00e8tes en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne (ISU, 2025), ce \u00ab cycle d\u2019apprentissage continu conduisant l\u2019analphab\u00e8te \u00e0 l\u2019acquisition de la lecture et de l\u2019\u00e9criture \u00bb doit \u00eatre l\u2019un des programmes prioritaires pour une Afrique forte et \u00e9mergente. L\u2019outil le plus efficace dans ce programme est l\u2019alphab\u00e9tisation dans les langues maternelles ou langues premi\u00e8res des concern\u00e9es et dans les syst\u00e8mes d\u2019\u00e9critures autochtones. Par exemple, rien que La.Ka.Fa (l\u2019Association pour la Lutte contre l\u2019Ignorance en Afrique), une structure se basant sur l\u2019\u00e9criture N\u2019ko alphab\u00e9tise, par ses efforts propres, plus de 1 000 personnes par an (enfants non scolaris\u00e9s et adultes) sur tout le territoire national guin\u00e9en depuis plus de 10 ans. D\u2019autres font la m\u00eame chose depuis des d\u00e9cennies comme ICRA-N\u2019ko (Association pour l\u2019Impulsion et la Coordination des Recherches sur l\u2019Alphabet N\u2019ko, cr\u00e9\u00e9e depuis 1991 et pr\u00e9sente en Guin\u00e9e, Mali, Cote d\u2019Ivoire, Nigeria, Liberia, Sera Leone Mauritanie) et N\u2019Sa.La.Gna.Da (cr\u00e9\u00e9e depuis 1993). Certains supports andragogiques ou p\u00e9dagogiques existent d\u00e9j\u00e0 dans ce syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture par les efforts conjugu\u00e9s de ses promoteurs comme le dictionnaire monolingue N\u2019ko avec plus de 120 000 entr\u00e9es, un dictionnaire bilingue de plus de 60 000 mots, des documents sur l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage etc.<\/p>\n<p>D\u2019autres syst\u00e8mes d\u2019\u00e9critures existent \u00e9galement sur le continent qui peuvent \u00eatre d\u2019un apport consid\u00e9rable dans ce programme d\u2019alphab\u00e9tisation d\u2019envergure dans nos diff\u00e9rents pays d\u2019Afrique comme Amharique, ADLaM, Tifinagh, Osmaniya, Bamoun, etc. car d\u00e9j\u00e0, beaucoup de ces syst\u00e8mes d\u2019\u00e9critures sont int\u00e9gr\u00e9s dans les technologies informatiques comme traducteur automatique, les IA comme Gemini, Claude etc.<\/p>\n<p>Ce processus d\u2019alphab\u00e9tisation doit continuer jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019\u00e9cole soit capable d\u2019absorber tous les filles et fils d\u2019Afrique.<\/p>\n<p><strong>II. A L\u2019INT\u00c9GRATION LINGUISTIQUE CONTINENTALE :<\/strong><\/p>\n<p>Quelle politique d\u2019int\u00e9gration linguistique sur le plan continental dans un contexte multilingue ?<br \/>\nPour une int\u00e9gration totale et inclusive en Afrique, il faut tout d\u2019abord commencer ce processus \u00e0 l\u2019\u00e9chelle pays, puis \u00e0 l\u2019\u00e9chelle sous-r\u00e9gionale avant d\u2019aboutir \u00e0 l\u2019\u00e9chelle continentale.<\/p>\n<p><strong>1. Echelle Pays :<\/strong><\/p>\n<p>Globalement, tous les Etats africains regorgent plusieurs langues nationales.<br \/>\nLe premier d\u00e9fi \u00e0 relever dans chaque Etat est tout d\u2019abord l\u2019officialisation de ses langues nationales pour avoir un cadre juridique ad\u00e9quat, puis promouvoir ces langues comme langues d\u2019enseignement. Nous devons aussi mettre en avant dans cette politique, nos syst\u00e8mes d\u2019\u00e9criture autochtones.<br \/>\nS\u2019inspirant de la politique linguistique du premier r\u00e9gime de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e (1968-1984), dans chaque zone ou r\u00e9gion administrative d\u2019un pays, la premi\u00e8re langue sera la langue de l\u2019enseignement de cette zone. L\u2019enseignement dans cette premi\u00e8re langue doit \u00eatre totale. Au premier niveau du secondaire (coll\u00e8ge), la seconde langue de cette r\u00e9gion, plus une langue \u00e9trang\u00e8re seront introduites comme mati\u00e8res. Au Lyc\u00e9e, la troisi\u00e8me langue de la r\u00e9gion sera aussi introduite comme mati\u00e8re. Tout ceci en maintenant la premi\u00e8re langue comme langue d\u2019enseignement.<br \/>\nCeci ne sera que la formalisation du multilinguisme naturel de la zone ou du pays, plus une ouverture vers le monde en y introduisant dans le cursus, une langue \u00e9trang\u00e8re (deux au maxi). Pour ceux, individuellement pris veulent apprendre d\u2019autres langues \u00e9trang\u00e8res, ils peuvent s\u2019inscrire dans un centre de formation sp\u00e9cialis\u00e9.<br \/>\nAu niveau national, nous devons connaitre la classification des langues en fonction du nombre de locuteurs de chacune des langues. Cela nous permettra de les classer par ordre : premi\u00e8re, seconde, troisi\u00e8me, quatri\u00e8me langue nationale etc. Cela doit \u00eatre faite suite \u00e0 une \u00e9tude sociolinguistique s\u00e9rieuse (si cela n\u2019est pas encore fait). Car, une langue peut \u00eatre la langue plus parler du pays et que les autochtones de cette langue ne sont pas les plus nombreux. De m\u00eame, les autochtones d\u2019une langue peuvent \u00eatre les plus nombreux, mais leur langue n\u2019est pas la plus parl\u00e9e du pays. Une langue se classera la plus parl\u00e9e quand elle est la plus partag\u00e9e par plusieurs communaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Une fois cette \u00e9tude termin\u00e9e et que l\u2019ordre des langues sont connues par pays, nous pouvons alors se projeter sur l\u2019\u00e9chelle sous-r\u00e9gionale.<\/p>\n<p><strong>2. L\u2019\u00e9chelle sous-r\u00e9gionale :<\/strong><\/p>\n<p>Une fois que l\u2019ordre des langues selon les pays sont connues, dans les r\u00e9unions sous-r\u00e9gionales, la premi\u00e8re langue, et la seconde langue au plus de chaque Etat membre la sous-r\u00e9gion devraient \u00eatre admises dans les r\u00e9unions. Par exemple, pour la Communaut\u00e9 Economique des Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO) qui compose 15 Etats membres (y compris Mali, du Niger et du Burkina Faso), deux langues aux maxi seront admises pour chaque Etat dans l\u2019une desquelles les repr\u00e9sentants d\u2019un Etat pourront s\u2019exprimer dans les rencontres. L\u2019on se retrouvera alors avec environ 30 langues de communication \u00e0 la CEDEAO. Mais, on pourrait bien se retrouver avec moins que ce chiffre comme langues de communication. Parce qu\u2019il se trouve qu\u2019il y\u2019a des langues qui sont communes \u00e0 plusieurs pays \u00e0 la fois. Ce le cas des langues comme le Haussa, parl\u00e9e au Nigeria, Ghana, Benin Togo, et Niger ; le Yorouba au Benin, Togo et Nigeria ; le groupe Mandenkan (Malink\u00e9, Dioula ou Diola, Bambara, Mandenko, Mand\u00e9, Mandinka) en Guin\u00e9e, Mali, C\u00f4te d\u2019Ivoire, S\u00e9n\u00e9gal, Burkina Fasso, Gambie, Guin\u00e9e-Bissau ; l\u2019Ew\u00e9 parl\u00e9e au Togo, Benin et Ghana ; le Wolof au S\u00e9n\u00e9gal, Gambie et Mauritanie ; le Fulfuld\u00e9 ou Pular en Guin\u00e9e, Mali, C\u00f4te d\u2019Ivoire, S\u00e9n\u00e9gal, Burkina Fasso, Gambie, Guin\u00e9e-Bissau, Sera Leone, Niger ; et ainsi de suite.<\/p>\n<p>Par ailleurs, il est possible qu\u2019une langue ne soit pas la premi\u00e8re ou seconde langue d\u2019un pays, mais elle peut bien se retrouver dans la liste des langues de communication de la sous-r\u00e9gion \u00e0 travers un autre pays.<br \/>\nUne fois que le nombre de langues de communication est connu par sous-r\u00e9gion, cela facilitera l\u2019int\u00e9gration au niveau continental.<\/p>\n<p><strong>3. L\u2019\u00e9chelle continental :<\/strong><\/p>\n<p>Les 5 premi\u00e8res langues de chaque sous-r\u00e9gion devraient \u00eatre retenues pour le niveau continental. Etant donn\u00e9 qu\u2019il y\u2019a 5 sous-r\u00e9gions en Afrique, nous pouvons d\u00e9duire qu\u2019il y\u2019aura au niveau continental 25 langues retenues.<br \/>\nA ce niveau \u00e9galement, il est possible que ce nombre soit moins que 25, puisque certaines sous-r\u00e9gions ont des langues communes.<br \/>\nC\u2019est seulement en ce moment-l\u00e0 que nous pourrons esp\u00e9rer l\u2019atteinte de l\u2019un des objectifs de l\u2019agenda 2063 de l\u2019Union Africaine en son num\u00e9ro 42 qui stipule que : \u00ab \u2026les langues africaines seront les fondements de l\u2019administration et de l\u2019int\u00e9gration [africaine]. \u00bb<\/p>\n<p>Les questions que l\u2019on se pose sont entre autres : quels sont les actes concrets dans nos Etats africains allant dans le sens de cet agenda ? Pouvons-nous atteindre cet id\u00e9al d\u2019ici l\u2019\u00e9ch\u00e9ance 2063 ?<\/p>\n<p>Kagbelen Plateau, commune de Dubr\u00e9ka, R\u00e9publique de Guin\u00e9e<\/p>\n<p><strong>Ibrahima Loncebalit\u00e8 KONAT\u00c9, Promoteur et Auteur N\u2019ko ; Coordinateur G\u00e9n\u00e9ral de la Coalition pour la Promotion des Langues Maternelles-CoLaM.<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019article <a href=\"https:\/\/mediaguinee.com\/2026\/05\/lemergence-de-lafrique-du-defi-de-la-maitrise-de-la-science-a-lintegration-linguistique-continentale-par-ibrahima-loncebalite-konate\/\">L\u2019\u00e9mergence de l\u2019Afrique : du d\u00e9fi de la maitrise de la science \u00e0 l\u2019int\u00e9gration linguistique continentale (Par Ibrahima Loncebalit\u00e8 Konat\u00e9)<\/a> est apparu en premier sur <a href=\"https:\/\/mediaguinee.com\/\">Mediaguinee.com<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. LES D\u00c9FIS DE LA MA\u00ceTRISE DE LA SCIENCE : Il faut le reconnaitre, parler de langues africaines est probl\u00e9matique et attire parfois des regards pessimistes, surtout de la part des cadres et intellectuels africains. 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